Parfois pour la soif
je passe la langue
dans les plis du cou
d'un enfant
de cinq ans
J'en ai un
sous la main
ça tombe bien
c'est le mien
Dans le creux de l'épaule
il a des grains d'opale
des gravillons juteux
des rocs odorifères
des pépites salées
Je lèche
Je gobe
Je prends
en bouche
J'avale
J'apaise
l'oeil
et la toux
La gorgée
de sueur
calée contre
ma joue
mercredi 22 juin 2011
samedi 18 juin 2011
Elle se rappelle de ce matin dans la salle de bain, c'était y a quoi, un jour, un mois, un an... elle ne se souvient pas bien, les dates sont toujours floues.
Elle se rappelle juste de son visage. Nu. Dans le miroir. Pour la première fois, elle avait aperçu les dentelures, creusées ici et là, dans la chair et dans l'os.
Et elle l'avait maudit. Lui et ses mots d'amour, ses attentions tendres, ses morsures avides.
Ses mots comme des fauves machouillant son corps vide.
Sa bouche vomissant son intranquillité, "c'est dans l'ordre des choses qu'on s'affaisse, qu'on coule, que les chairs se défassent".
Il dit qu'il aime ça. Elle sent craquer ses os sous ses molaires, elle entend sa colonne vertébrale juter sur son menton.
Il dit ça, il sourit, et elle le hait plus fort.
Elle pleure.
Sur elle, évidemment.
Sur qui d'autre, sinon ?
Elle n'a pas d'enfant à se mettre sous la dent.
Publié initialement sur FPDV, au mois de mai 2011, thème Cannibalisme
"Un jour ou l'autre, je sais que la police viendra chez moi" - HF Thiéfaine
L'agence des amants de Mme Müller De l'amour de l'art ou du cochon, Hubert-Félix Thiéfaine, 1980
mardi 14 juin 2011
dimanche 12 juin 2011
Hue dia
Pas très loin
sous la peau
on est deux
D'abord
la rigolote
(apparente)
Bouche fendue
toujours bonne
à avaler les couleuvres
les escargots, les rats
ceci, cela, n'importe quoi
La bouche à tailler
les plaies, le soleil, le ciel
les éclats de rires en pointes
Si large qu'un troupeau d'éléphants
barrit au dedans en dégringolant
Et plus bas
(contenue)
la noire
Langue adipeuse
qui partitionne
à coups de boutoir
les papiers gras
mardi 7 juin 2011
Ver
j'ai lu un poème
humide et moussu, tapissé de lichensj'ai lu comme on applique avec délicatesse
la gouache grasse verte sur un cerveau
tout ça à cause d'un petit pois qui germe
tout ça à cause d'une image ronde qui roule
en l'oeil en bouche dans ma calotte
à chaque clignement de paupières j'écosse
chaque gousse est prairie tortueuse de hampes
et ça coule le long de mes joues, de ma bouche
ça convoque l'ailleurs, ça tisse des traverses
dans l'oreille, les narines, et souvent dans le coeur
il y a un ver
*
ça résonne en écho
vert
vert
vert
ça rebondit
verts, avec un s
chaque heurt sur mon corps
déforme sa structure
et bientôt je divague
je quitte le poème
je plonge
dans cet homme aux yeux verts piqués d'or
dans cet homme aux fentes que je dévore
dans ce clapotis doux de cils
je glisse
à chaque lapée, sur des algues mouvantes
à chaque regard, sur des pierres coupantes
le cul par dessus tête
trempée jusqu'à la moëlle
je noie mon désir dans
d'épais remous
verts
dimanche 5 juin 2011
Les Designs charognes de Fabrice Marzuolo
Ai beaucoup aimé, notamment, les Fins de journée où tout s'étire et pèse, ou la Poésie universelle pour les crânes d'oiseaux des poètes
Extrait
"Il fait un temps gris une lumière
Qui rend visibles les barreaux
La journée tourne en long
Le soir
Les voitures rentrent au bercail
Et il n'y a plus que de l'air sale"
Pour commander contacter l'auteur par là
LES DESIGNS CHAROGNES
par Fabrice Marzuolo
Éd. de L’Autobus, 2011
20 pages
3 €
ISBN : 978-2-9539320-0-3
samedi 4 juin 2011
Sortir une corde du sac, sur une aire d'autoroute
Elle roule vite. Très vite. Elle tient sa moyenne.
C'est facile, suffit juste de maintenir le pied au plancher.
Elle pense qu'elle pourra peut-être faire signer des clients avant la fin de la journée. Elle pense à la mallette remplie d'échantillons qui ballotte dans le coffre. Brièvement, légèrement. Et puis rien... L'idée gicle entre les panneaux de signalisation qui filent. Les vitres sont baissées, les mèches de ses cheveux s'emmêlent sur son visage. C'est comme ça. Toujours. Sur l'autoroute, tout s'efface.
Les paysages, les camions, le bruit, le chahut, alentour, au dedans. L'espace bave rouge à l'angle des paupières. La faute à la force centrifuge. Ça s'éclate fruits mûrs, contre la paroi nasale. Parfois elle saigne, d'autres larmoie. La faute à la pression sur les capillaires. Ça coule, les gens, le présent, la mémoire, sur le chemisier blanc. C'est l'été et l'air rentre en tremblant, par sa bouche.
Grand ménage en vitesse : elle se vide du cerveau jusques en bas des fesses. Elle est un réceptacle creux en mouvement.
A l'arrêt, elle le sait, il faudra à nouveau faire semblant. Alors elle roule. A fond.
Surtout ne pas s'arrêter. Va savoir ce qui pourrait se passer si l'envie de pisser la stoppait sur une aire.
Au choix, elle pourrait reprendre ses esprits devant une fontaine, s'éclabousser les pieds dans des chiottes à la turque, marcher dans de la merde en montant dans l'auto, mâchouiller l'oeil fixe, un sandwich au volant, s'humecter le visage en matant un inconnu, tendre le bras au ciel pour avoir un réseau...
Ou alors, elle pourrait finir le débondage. Sortir de son sac une corde et se pendre, vomir les deux doigts tout au fond de la gorge, ou baisser sa culotte qu'un sexe la perfore.
Chercher à se vider, encore et encore.
C'est facile, suffit juste de maintenir le pied au plancher.
Elle pense qu'elle pourra peut-être faire signer des clients avant la fin de la journée. Elle pense à la mallette remplie d'échantillons qui ballotte dans le coffre. Brièvement, légèrement. Et puis rien... L'idée gicle entre les panneaux de signalisation qui filent. Les vitres sont baissées, les mèches de ses cheveux s'emmêlent sur son visage. C'est comme ça. Toujours. Sur l'autoroute, tout s'efface.
Les paysages, les camions, le bruit, le chahut, alentour, au dedans. L'espace bave rouge à l'angle des paupières. La faute à la force centrifuge. Ça s'éclate fruits mûrs, contre la paroi nasale. Parfois elle saigne, d'autres larmoie. La faute à la pression sur les capillaires. Ça coule, les gens, le présent, la mémoire, sur le chemisier blanc. C'est l'été et l'air rentre en tremblant, par sa bouche.
Grand ménage en vitesse : elle se vide du cerveau jusques en bas des fesses. Elle est un réceptacle creux en mouvement.
A l'arrêt, elle le sait, il faudra à nouveau faire semblant. Alors elle roule. A fond.
Surtout ne pas s'arrêter. Va savoir ce qui pourrait se passer si l'envie de pisser la stoppait sur une aire.
Au choix, elle pourrait reprendre ses esprits devant une fontaine, s'éclabousser les pieds dans des chiottes à la turque, marcher dans de la merde en montant dans l'auto, mâchouiller l'oeil fixe, un sandwich au volant, s'humecter le visage en matant un inconnu, tendre le bras au ciel pour avoir un réseau...
Ou alors, elle pourrait finir le débondage. Sortir de son sac une corde et se pendre, vomir les deux doigts tout au fond de la gorge, ou baisser sa culotte qu'un sexe la perfore.
Chercher à se vider, encore et encore.
jeudi 2 juin 2011
Dans le métro de 6h15, en route pour le travail, une corde dans le sac
Republication
Elle s'appelle Pélagie
articule
Pé-la-
-gie
ci-gît Péla-
ahah
meurt de rire
crève sur place
y a qu'à regarder
le corps sec
les bras osseux
les doigts noueux
les tâches bleues
sales coulures
sur les joues hâves
eh quoi ?
elle se cogne
(juste)
la tête
contre les murs
elle se bourre
(juste)
de coups
de poing la figure
elle ratatine
prend moins d'espace
a moins sommeil
et moins en-
vie
ah le mot quel pied !
elle en rirait
(encore)
si elle ne sentait
dans sa bouche
les dents choir
une à une
c'est ça
elle crève d'un trou
dans la mâchoire
trop de bruit
trop de rage
trop d'arrachage
trop l'amenuise
et tout l'épuise
elle pense à ça
à ses gencives
à son prénom
aux coques vides
dans la station
mardi 31 mai 2011
André Robèr, poète
Fait un tour dimanche là
Je savais que le poète André Robèr serait là avec ses oeuvres, et celles de quelques autres de langue créole qu'il édite dans sa maison d'éditions K'a.
Ai pris trois livres :
Je savais que le poète André Robèr serait là avec ses oeuvres, et celles de quelques autres de langue créole qu'il édite dans sa maison d'éditions K'a.
Ai pris trois livres :
celui là, l'ai déjà mais vais l'offrir
la suite du premier recueil
lecture en cours
Et me voilà, moi si volubile, engoncée, incapable d'aligner autres choses que de piètres banalités, les mots comme des os emmêlés dans ma gorge... un squelette branlant qui me gêne aux entournures, qui me gratte en dedans. la lang i pèz : je ne parle pas créole (coutures invisibles qui ceignent mes maxillaires).
Le silence, si souvent désiré m'écorche vive...Me reste alors la cuisante frustration d'être restée au bord.
Bon, plus qu'à lire, puisque je ne peux pas dire
Extraits de Carnets de retour au pays natal :
"Quand se pose et se repose
La question de la langue
De ma langue maternelle bien sûr
Langue bafouée, langue ignorée
Langue de posture
Langue à imagerie
Langue Ô combien vivante
..."
"[...]
que c'est difficile un humain
quand on en a juste l'apparence
comme pour prouver ton existence
tu multiplies par dix
tes capacités d'ingurgitation"
"Et l'on marche
Et l'on diagonale
Marche
Observe
Pille
Et toi tu vagines
Jettes
Expulse
Jusqu'à la mer
Jusqu'au bout de tes forces
Konm sousout kan i bave
konm tantin' kan i vé
Mont lo zonm li vé un lamouraz"
lundi 30 mai 2011
les mots coulent, filent
fusent, fluxent ininterrompu
gerbe, lave, giclée drue
la gorge est un geyser
je parle
poinçonner, découper
déchirer, confettir
me retrouver sèche
la langue de bois
à défaut de la gueule
au milieu des serpentins
des suées, de la fête
jeter mon dévolu
sur une fille, un garçon
plus souvent une fille
pour me voir en miroir
et je parle
c'est facile
suffit d'ouvrir les lèvres
celles sur mon visage, celles dans l'oesophage
celles dans mon cerveau, ou celles chronophages
j'écarte les lignes de l'intime
comme des jambes
pour que file, fuse, fluxe
la molle sarabande
ça coule et rien n'arrête
le ballet de mes dents
entre les jambes rouges
car ce soir c'est la fête
et j'ai fardé ma bouche
et j'ai fendu la foule
et j'ai cherché l'oreille
où vomir ma bile
je rectifie
dehors dedans
ailleurs en même temps
mes mots ne sont pas aigres
ils sont juste un peu faux
un peu mous, un peu faibles
et un peu xylophages
dans le débordement
je laisse dans la salle
ma chiure continue
je déballe et pourtant
je ne dis
rien
*
sur le sol
les lettres mortes
craquent sous mes talons
un garçon soudain passe
me saisit par le bras
je ravale ma phrase
épaisse polenta
il m'entraîne
dans la musique
et je danse
je panse dense
le réceptacle vide
la pensée mouchetée
l'effusion labiale
petit pas
de côté
quand elle m'a demandé si je voyais un psy
j'ai cherché sans succès à remonter le fil
qu'avais-je donc bien dit ?
où diable m'étais je perdue ?
dans quelle ornière
quel trou quels branchages
un jus de salive
un tête-à-queue à langue
une jouissance verbale
une ligne lexicale
bornée par ses yeux bleus
j'ai dit
mon envie de
silence
pour une fois
le coeur en entier
coulé dans deux syllabes
j'ai cherché sans succès à remonter le fil
qu'avais-je donc bien dit ?
où diable m'étais je perdue ?
dans quelle ornière
quel trou quels branchages
un jus de salive
un tête-à-queue à langue
une jouissance verbale
une ligne lexicale
bornée par ses yeux bleus
j'ai dit
mon envie de
silence
pour une fois
le coeur en entier
coulé dans deux syllabes
lundi 23 mai 2011
...en morceaux
qui ramasse
dans un terrain
vague
un bout d'os
un bout d'oeil
un bras un gros orteil
des brassées d'épiderme
des bouquets de cheveux
un type sec
qui lèche
qui tente
avec sa langue
de coller les morceaux
ça marche pour un timbre
pourquoi pas une femme ?
jusqu'à ce qu'elle s'assemble
brinquebalante mais droite
il l'aime
ça ne tient pas
longtemps
de bouts...
les personnes que
les paroles qui
ce que l'on commence
qu'on ne sait finir
le geste en partie
les yeux à demi
le sourire à peine
la phrase en suspens
le trou noir
cette soudaine
absence
à soi
cette impression
d'être
à moitié
les mots qui fuient
jambes écartées
liquides les failles
arêtes aigues
la fille tranchée
éparse
jeudi 19 mai 2011
dimanche 15 mai 2011
Blog on board
Si vous voulez savoir ce qui se passe dans l'Autobus
il y a un blog par là
Parution du n°3 fin mai début juin, avec Marie AMBRODY, Basile ROUCHIN, Guillaume DECOURT, Thierry ROQUET, Jany PINEAU, Mariana NAYDOVA
vendredi 13 mai 2011
Je ne te comprends pas ?
Quel beau couple.
Voilà ce que tout le monde dit d'eux.
Pas un ne relève leurs différences de milieu, de parcours ou d'âge.
Oui, surtout ça, personne ne mentionne leur âge... Quinze ans d'écart, ce n'est pas rien, surtout quand on est femme dans la tranche flottante. Celle où la chair fane, mais saigne ; celle où la chaleur monte puis file ; celle où quand la nuit tombe, on vibre.
Lyne a quinze ans de plus que Yann, alors elle fait gaffe. A sa ligne, son visage, son allure. Etirement, sport et salade...
Et puis le truc, c'est le muscle : il ne faut rien relâcher. Ni le ventre, ni la tête.
Etre prompte, gaie, partante, toujours. Animer la maison, inviter les copains, enchaîner les sorties, proposer les balades, vibrer Yann, penser Yann, cerner Yann.
Lyne est élastique, à peine usée sur les côtés.
Certaines soirées, dans le bruit et la fumée, alors qu'elle rit à gorge déployée, la tête renversée vers l'arrière -pour éviter les plis-, elle sent affleurer sous la peau qui craquelle, la vieille Roselyne. Ce prénom comme une masse lui claque les mâchoires.
Elle déglutit, se lève, boit, ou sert à boire, parle, s'agite, embrasse Yann... et légèrement fébrile, cherche dans les yeux des jeunes femmes, sous son reflet, l'envie.
*
Il a un espace minuscule entre les incisives.
C'est la première chose qu'elle avait remarqué chez lui.
Les dents du bonheur.
Avec le temps, c'est sûr, elle ne voit plus la fente. Plutôt le bout de salade, le poil, la bulle de salive... des tas d'images dégoûtantes, auxquelles elle pense surtout, lorsqu'ils font l'amour.
Pourtant, quand il l'embrasse à pleine bouche, elle aime passer sa langue sur ce trou, et le sentir se clore sous ses papilles.
*
Cela fait quinze ans qu'ils sont mariés... et bien qu'il la connaisse par coeur, manies douces et travers compris, chaque jour qui passe la rend plus opaque.
Surtout le matin au réveil, lorsqu'elle est nue et chiffonnée.
Sur le lit, elle s'étale, bric à brac de chairs.
Elle se lève et il craint qu'elle ne se brise. A cause des formes rondes et carrées qui s'empilent bizarrement.
Parfois, il aimerait la voir choir, histoire de vérifier si l'intérieur est aussi biscornu.
Mais rien ne se passe.
Il pense ça, immobile, absorbé, devant la toile la Femme à l'oreiller.
*
Les enfants sortent de table, emmenant avec eux tous les bruits.
Elle pose son verre et dit :
- Tu as remarqué ? on ne se parle plus.
Il hoche la tête
- C'est marrant, je pensais exactement la même chose.
Leur vie coule dans cette différence infime entre la pensée et le mot.
*
"C'est une bavarde.... Une vraie de vraie, hein ! Le genre de nana qui peut pas s'empêcher d'ouvrir la bouche, dès qu'elle met le pied par terre. Un soulante, quoi !
Tu vois ce que je veux dire... elle parle sans réfléchir, tout le temps, sur n'importe quoi, avec n'importe qui...
Je l'appelle Jacasse, ça l'agace... moi, ça me fait marrer... enfin pas tout le temps.... des fois j'aimerais bien m'entendre pisser, tu vois. C'est pour ça d'ailleurs que je viens ici. J'aime pas boire, en fait... c'est juste que j'ai parfois envie de respirer."
Il dit ça, accoudé au comptoir, en titubant.
Bon, il ne précise pas, qu'au fond de lui, quand même, il sait qu'elle ne se livre jamais autant que dans le silence.
C'est à dire jamais.
*
Je sais bien que comprendre n'est pas synonyme d'aimer.
Mais c'est plus fort que moi, son opacité me démange comme un ver solitaire.
Je me gratte, jusqu'à ce qu'elle saigne.
lundi 9 mai 2011
Miam (Reçu Lu Avalé)
Traction Brabant n°40
Revue dissonances Thème Maman (mention spéciale pour le texte Mammifère d'Alban Lecuyer (mon coup, de coeur âpre). Je veux, un texte de G. Decourt que vous pourrez lire au choix là ou dans Traction Brabant. Depuis des générations des Amants gluants... très bonne revue vraiment :)
samedi 7 mai 2011
Anna Jouy
Extrait de Prise de sang :
"j'ai dans le creux du bras un bleuet qui pousse
une excroissance d'ecchymoses
comme une planète vue d'ailleurs
avec ses continents déserts et ses amazonies
j'envoûte à la saignée un perroquet d'azur
et d'ébrouer le bras je vole. ..
[...]"
son blog
"j'ai dans le creux du bras un bleuet qui pousse
une excroissance d'ecchymoses
comme une planète vue d'ailleurs
avec ses continents déserts et ses amazonies
j'envoûte à la saignée un perroquet d'azur
et d'ébrouer le bras je vole. ..
[...]"
son blog
(j'ai découvert Anna Jouy grâce aux revues Nouveaux délits et Comme en poésie : de la poésie à vif comme j'aime)
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