jeudi 4 août 2011
Les papillons
Il y a des papillons posés sur ma paupière
qui agitent leurs soies sur le fil
de mes yeux
Il y a sur ton visage une armada de bêtes
et ta langue et ta bouche
qui s'excitent
bavassent
oh
les jolis tentacules
sur mes lèvres charnues
Il y a des loches et des lépidoptères
qui grouillent
se mélangent
sur tes traits adorés
La poudre et le mucus
qui brouillent
oh
nos définitives
figures imposées
Ton coeur bat plus vite
Ton coeur bat plus vite que le mien, c'est anatomique.
Il cavale, il court, secoué par un rire, une vague, ou rien.
Je vois sous ta peau fine, ce fruit rouge qui s'emballe dans un matin tout neuf. Je vois la cellophane. Je vois les reflets roux, sur tes joues, dans ton cou, dans chaque brin de tes cheveux.
Ton coeur bat plus vite que le mien, c'est certain.
Pourquoi ai-je donc peur ? pourquoi suis-je immobile ? pourquoi je te contrains ?
Deviens, n'écoute pas ta mère, cabre sur le chemin, fais des boucles, ne fais rien, marche vers l'horizon, mets ton coeur au soleil. Mange le ciel.
C'est l'été, je "republie" de vieux trucs (tout reprendra sa place à la rentrée ;)
Claude Nori, la géométrie du flirt
La géométrie du flirt, exposition jusqu'au 11 septembre à la galerie du Château d'eau, Toulouse
Le site du photographe ICI
mercredi 3 août 2011
Un écho de nuit de Vincent Motard-Avargues
Le recueil avance sa lente et longue dé-construction qui amène irrémédiablement la chute... J'ai beaucoup aimé la dernière partie quand Elle surgit... Je trouve cette partie resserrée avec de belles images, et une accélération qui m'a bien plu
(extrait)
"...Elle
et ses yeux de feu
où la vie se consume tel un rien
Elle
croisée dans un bar sordide
où le mouvement n'avance pas
Elle
comme un jour neuf
au beau milieu de la nuit
Elle
qui déclenche
les prémisses de la fin"
Vincent Motard-Avargues
Editions du Cygne, 2011
Horacio Guzman
© Horacio Guzman. All rights reserved.
Horacio Guzman Photography
Ordinary people, extraordinary stories
SON SITE ICI
mardi 2 août 2011
Ça sonne
Ça sonne.
Je décroche. Je raccroche.
Je sais que c'est encore elle.
Il est onze heures. Je suis fatiguée et j'ai sommeil.
Je ne sais même pas pourquoi je reste là, à attendre.
Depuis le premier coup de fil, je suis assise à table, comme une conne, à regarder le téléphone.
Je fume clope sur clope, en fixant ce putain de téléphone.
Sans rien faire d'autre que souffler, suivre des yeux les ronds de fumée, qui se disloquent dans la lumière.
Ça sonne encore.
Je grince des dents, je ne peux pas faire semblant.
Il y a la tâche. Ce filament translucide que j'ai sur la cornée. Un truc qui parasite ma vision depuis de nombreuses années.
Avant, il suffisait que je regarde loin devant, pour tout faire disparaître. Plus maintenant.
Ma lèvre tremble. Je sens la rage qui monte. Ça fait, mélangé au tabac, un drôle de jus sur ma langue.
J'en ai marre. Marre. Y a toujours cette voix dans ma tête.
Avale
J'ai changé de ville, mais j'ai pas bougé d'un pouce. Faut toujours que j'avale.
Que je ravale même. Parce que là, franchement, ce que j'aimerai, c'est la jeter contre un mur. Mais je peux pas, j'ai jamais pu.
Je déglutis, c'est acide, ça brûle. Faut que je me maîtrise. Et ça, ça me bouffe.
Je décroche.
"Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?"
Ma voix sonne faux.
J'aspire une bouffée, et gratte machinalement le bord d'un trou dans la nappe, la trace d'une brûlure ancienne.
Elle renifle, pleure, baragouine.
"Je comprends rien quand tu pleures. Articule.
Je t'ai dit que j'ai appelé. Il va passer. Qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus ? Je vais pas prendre ma bagnole... j'ai presque plus d'essence. Et à quoi ça rimerait ? Tu sais bien que je n'ai jamais su t'aider"
Evidemment cela ne la calme pas. Elle sanglote de plus belle
"Maman, maman, maman, maman maman maman"
Je déteste quand elle m'appelle comme ça. Elle le sait. Je sens le nerf de mon oeil qui tressaute. Je tousse : cela remet parfois en ordre les battements irréguliers de mon coeur.
Le cendrier déborde de mégots. Je m'absorbe dans le bout rougeoyant de la dernière cigarette. Elle se consume entre mes doigts. Ça fait des tâches brunes sur le dos de ma main.
Je pose doucement le combiné sur la table ; il me faut des clopes.
Je me traîne, tout mon corps tremble. Toujours ma fille au bout d'un fil.
Vieillir me pèse.
Je décroche. Je raccroche.
Je sais que c'est encore elle.
Il est onze heures. Je suis fatiguée et j'ai sommeil.
Je ne sais même pas pourquoi je reste là, à attendre.
Depuis le premier coup de fil, je suis assise à table, comme une conne, à regarder le téléphone.
Je fume clope sur clope, en fixant ce putain de téléphone.
Sans rien faire d'autre que souffler, suivre des yeux les ronds de fumée, qui se disloquent dans la lumière.
Ça sonne encore.
Je grince des dents, je ne peux pas faire semblant.
Il y a la tâche. Ce filament translucide que j'ai sur la cornée. Un truc qui parasite ma vision depuis de nombreuses années.
Avant, il suffisait que je regarde loin devant, pour tout faire disparaître. Plus maintenant.
Ma lèvre tremble. Je sens la rage qui monte. Ça fait, mélangé au tabac, un drôle de jus sur ma langue.
J'en ai marre. Marre. Y a toujours cette voix dans ma tête.
Avale
J'ai changé de ville, mais j'ai pas bougé d'un pouce. Faut toujours que j'avale.
Que je ravale même. Parce que là, franchement, ce que j'aimerai, c'est la jeter contre un mur. Mais je peux pas, j'ai jamais pu.
Je déglutis, c'est acide, ça brûle. Faut que je me maîtrise. Et ça, ça me bouffe.
Je décroche.
Ça ne manque pas, elle hoquète au bout du fil.
Je gueule "Quoi encore ?" puis me reprends, un ton plus bas."Quoi ? Qu'est-ce que tu veux ?"
Ma voix sonne faux.
J'aspire une bouffée, et gratte machinalement le bord d'un trou dans la nappe, la trace d'une brûlure ancienne.
Elle renifle, pleure, baragouine.
"Je comprends rien quand tu pleures. Articule.
Je t'ai dit que j'ai appelé. Il va passer. Qu'est-ce que tu veux que je fasse de plus ? Je vais pas prendre ma bagnole... j'ai presque plus d'essence. Et à quoi ça rimerait ? Tu sais bien que je n'ai jamais su t'aider"
Evidemment cela ne la calme pas. Elle sanglote de plus belle
"Maman, maman, maman, maman maman maman"
Je déteste quand elle m'appelle comme ça. Elle le sait. Je sens le nerf de mon oeil qui tressaute. Je tousse : cela remet parfois en ordre les battements irréguliers de mon coeur.
Le cendrier déborde de mégots. Je m'absorbe dans le bout rougeoyant de la dernière cigarette. Elle se consume entre mes doigts. Ça fait des tâches brunes sur le dos de ma main.
Je pose doucement le combiné sur la table ; il me faut des clopes.
Je me traîne, tout mon corps tremble. Toujours ma fille au bout d'un fil.
Vieillir me pèse.
C'est l'été, je "republie" de vieux trucs (tout reprendra sa place à la rentrée ;)
mercredi 20 juillet 2011
Pluie du jour
Aujourd'hui il a plu des livres :
Il faisait beau :)
Il faisait beau :)
sur mon joli présentoir, mes cadeaux du jour, de la part d'Anna Jouy
Au crible de la folie, éditions de l'Atlantique, 2009
La mort est plus futée qu'une souris, Alain Simon & Anna Jouy, Le pas de la colombe, 2008
Ciseaux à puits, Polder n°137, 2008
et aussi...
...mes derniers achats
Dans la lune n°21-22 (le dernier numéro, snif, c'est fini)
Un écho de nuit, Vincent Motard Avargues, éditions du cygne, 2011
bref, je ne vais pas beaucoup écrire (enfin peut-être ^_^), j'ai de quoi lire... :)
mardi 19 juillet 2011
Péchés de gourmandise...
..Voici revenue pour moi la la saison des péchés de gourmandise : des livres d'artistes à dévorer de l'oeil
Avec pour commencer, Extirper de Raphaël Urwiller (en voir plus sur le site de Icinori éditions), de la sérigraphie pour une thématique qui résonne en moi.
(Photos extraites du site de Icinori)
Et Alphabet d'Isabelle Faivre, leporello minuscule autour des lettres de l'alphabet. A regarder en pleine lumière, pour jouir du reflet de la lettre sur le table et dans l'oeil (d'un fauve).
... La gourmandise est un joli défaut
Je continue avec Ces missiles d'allégresse d'Anna Jouy. Comme souvent dans les textes d'Anna, de la jouissance à la lecture, chaque missile atteint sa cible quelque part entre là et là (vous laisse situer où ;). Jubilation de la lecture, grâce à la richesse des images qui déferlent. Anna m'a dit être "réalisatrice de poèmes", et c'est exactement ça, on la lit, et on se fait un film (sur grand écran of course)
extrait :
"tu sens la mauve mon amour la fleur aux dents et ce petit fracas de gel à soleil tapant
le grain d'orage le fruit trop mûr
la solitude
l'air des gares après le dernier train
le sable éteint du vin
le temps le temps le temps
qui sèche tout et dresse des sarcophages
[...]"
Ces missiles d'allégresse, Editions de l'Atlantique, collection Eros/Thanatos, 2011
Je cherche
Je cherche
Longtemps
Partout
A chaque pleine lune
Des bouts de toi pour clore
Les trous au pied de l'arbre
Je cherche à arrêter
Avec ta paume large
La fuite des fourmis
La débandade rouge
Dans le lit entre nous
Cette fosse à insectes
Tes phalanges créneaux
Qui ceinturent ma tête
Ta chair
Meurtrière
Ton silence
Rempart
Mais je demande
"Tu m'aimes, dis
Tu m'aimes ?"
Tu ne me réponds pas
Tu offres des corbeaux
A l'encre de ma peau
Longtemps
Partout
A chaque pleine lune
Des bouts de toi pour clore
Les trous au pied de l'arbre
Je cherche à arrêter
Avec ta paume large
La fuite des fourmis
La débandade rouge
Dans le lit entre nous
Cette fosse à insectes
Tes phalanges créneaux
Qui ceinturent ma tête
Ta chair
Meurtrière
Ton silence
Rempart
Mais je demande
"Tu m'aimes, dis
Tu m'aimes ?"
Tu ne me réponds pas
Tu offres des corbeaux
A l'encre de ma peau
lundi 18 juillet 2011
La pluie dans la chambre
© imogen cunningham
J'ai une lame
sous l'oreiller
Elle est émoussée
mais ta peau est lisse
et plus vraiment ferme
Je n'aurai pas
à appuyer
pour fendre
-
J'ai une lame
pour cette nuit
A cause de ta tête
sur moi penchée
A cause de ta face
nettement dessinée
à la surface
-
Chacun de tes traits m'est familier
et pourtant je ne te reconnais pas
Tes yeux
Tes rides
Ta bouche
Ton nez
Ton masque
-
Ce soir
ton crâne se fendra
comme une orange
Chaque quartier
jutera dans mon oeil
sur le lit
Au milieu
je verrai la branche
grouillant de pucerons
et les fourmis
Je guetterai la pluie
au coin de ma paupière
J'attendrai la tombée
du miellat de tes chairs
mardi 12 juillet 2011
Ateliers d'écriture : brève
5 jours, 12 stagiaires, 11 rencontres (Audrey-Anne Marchand, écriture sublime) 3 pays (France, Canada, Suisse), 1 salle moite et fertile, 1 thème : L'état simple de l'amour (et des bifurcations ;)
1 poète
des poèmes
mercredi 6 juillet 2011
Traction Brabant n°41
Au sommaire du numéro 41
Ed Anon, Yvan Avena, Pierre Bastide, Stéphane Branger, Kevin Broda, Henri Cachau, Michèle Caussat, Jean-Marc Couvé, Cathy Garcia, Béatrice Gaudy, Delphine Gest, Joaquim O Giannuzzi, Jean-Claude Goiri, Philippe Jaffeux, Alfonso Jimenez, Patrick Joquel, Francis Krembel, Jacques Laborde, Pascal Lenoir, Mac-Nab, Catfish McDaris, Jean-Louis Millet, Murièle Modély, Didier Ober, Gérard Paris, Thierry Roquet, Louis Savary, Eric Simon, Michel Talon, Marc Tison, Yannick Torlini, Claude Vercey, Patrice Viguès, Vince
Présentation par P. Maltaverne :
"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts
[...]
le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.[...]
Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres : vous comprendrez donc que les (h)auteurs intéressés que par eux-mêmes ne soient pas forcément les bienvenus ici.
P.M. Contact : p.maltaverne@orange.fr"
En lire plus sur le blog
Ed Anon, Yvan Avena, Pierre Bastide, Stéphane Branger, Kevin Broda, Henri Cachau, Michèle Caussat, Jean-Marc Couvé, Cathy Garcia, Béatrice Gaudy, Delphine Gest, Joaquim O Giannuzzi, Jean-Claude Goiri, Philippe Jaffeux, Alfonso Jimenez, Patrick Joquel, Francis Krembel, Jacques Laborde, Pascal Lenoir, Mac-Nab, Catfish McDaris, Jean-Louis Millet, Murièle Modély, Didier Ober, Gérard Paris, Thierry Roquet, Louis Savary, Eric Simon, Michel Talon, Marc Tison, Yannick Torlini, Claude Vercey, Patrice Viguès, Vince
Présentation par P. Maltaverne :
"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts
[...]
le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.[...]
Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres : vous comprendrez donc que les (h)auteurs intéressés que par eux-mêmes ne soient pas forcément les bienvenus ici.
P.M. Contact : p.maltaverne@orange.fr"
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lundi 4 juillet 2011
Addiction #2
C'est une espèce de parasite à reproduction rapide. Ça plante ses griffes à n'importe quel endroit du corps : la tête, le ventre, le sexe, les jambes... et ça s'agite, le suceur profondément enfoncé dans l'épiderme.
Tu sens la circulation des fluides, il avale, il injecte, il pond. Tout ça en même temps. La performance, tu le sais, n'est pas une question de taille. Cette bête particulièrement virulente, ne dépasse pas les 300 microns. Ton coeur te le signale, il toque, comme un malade, 180 fois à la porte. Bien sûr, il arrive qu'elle te laisse en paix. Quand elle s'accouple notamment, à un autre parasite. De son espèce ou d'une autre.
La survie est dans l'hybridation.
La bête le sait.
Tu le sais.
Tu as arrêté tous les traitements.
Les molécules chimiques n'ont plus aucun effet sur tes suées, tes poussées d'adrénaline, tes peurs, du noir, du plein, des gens.
Le seul truc qui t'apaise maintenant, c'est la boire. Tu ne fais d'ailleurs plus que ça, boire entre quatre murs, pendant les crises.
Tu as même fait fabriquer une paille métallique, que tu plantes à chaque attaque de panique. Très précisément, entre les clavicules de ton enfant.
Tu sais que c'est mal, mais tu ne peux pas t'en empêcher... La question est, pour elle, comme pour toi : est-ce qu'on meurt de dévoration ?
Publication initiale sur http://fpdv.over-blog.org/ - juin 2011
Tu sens la circulation des fluides, il avale, il injecte, il pond. Tout ça en même temps. La performance, tu le sais, n'est pas une question de taille. Cette bête particulièrement virulente, ne dépasse pas les 300 microns. Ton coeur te le signale, il toque, comme un malade, 180 fois à la porte. Bien sûr, il arrive qu'elle te laisse en paix. Quand elle s'accouple notamment, à un autre parasite. De son espèce ou d'une autre.
La survie est dans l'hybridation.
La bête le sait.
Tu le sais.
Tu as arrêté tous les traitements.
Les molécules chimiques n'ont plus aucun effet sur tes suées, tes poussées d'adrénaline, tes peurs, du noir, du plein, des gens.
Le seul truc qui t'apaise maintenant, c'est la boire. Tu ne fais d'ailleurs plus que ça, boire entre quatre murs, pendant les crises.
Tu as même fait fabriquer une paille métallique, que tu plantes à chaque attaque de panique. Très précisément, entre les clavicules de ton enfant.
Tu sais que c'est mal, mais tu ne peux pas t'en empêcher... La question est, pour elle, comme pour toi : est-ce qu'on meurt de dévoration ?
Publication initiale sur http://fpdv.over-blog.org/ - juin 2011
samedi 2 juillet 2011
Entre les fentes
Entre les fentes des stores
Se diffracte le soleilLes giclures éclaboussent
Mon corps enroulé
Dans les draps chiffonnés
La molle obscurité
Je suis moite
Ma poitrine
Se soulève
Et s'abaisse
lentement
La buée
Constellée
Qui tombent les étoiles
Dessinent les contours
De chacun de mes poils
Il fait chaud
Dehors
Dedans
La sueur coule aussi
En dessous des paupières
Seul le temps qui passe
Granule sur les lèvres
Le reste se dissout
Et inonde le lit
Cette chambre n'est pas
Le bon antre où gésir
Entre les fentes #2
Et quand je plisse l'oeil
Je vois un rayon fauve
foudroyer
l'herbe sèche
un pavot
gerber rouge
sur la terre
un lézard
fouetter l'heure
immobile
laisser sur ma rétine
comme une cicatrice
une queue de reptile
*
c'est son membre coupé
qui perturbe ma vue
dans le soleil
hallucinée
je fends
la chambre
le jardin
le trottoir
la rue
quelquefois
tu végètes couché sur les pierres
d'autres fois
je te vois comme si j'étais nue
mais le plus souvent
rien
j'arpente les yeux vides
les artères de la ville
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