"...La littérature ne se veut pas une parole de vérité, elle se vit comme une parole amoureuse du langage, comme une histoire amoureuse de la vie. La littérature ne prétend pas refuser ou réfuter l’erreur ou la contradiction, elle l’absorbe et en fait un élément de son travail de transformation du langage. Elle se nourrit de l’ambiguïté, de l’insu, de l’incompris, de l’implicite. Elle se situe en dehors du dualisme insoluble de la vérité et de l’erreur et c’est pourquoi elle est salutaire et nécessaire."
La suite sur le blog Les portes de la perception de Murièle Camac
mercredi 11 avril 2012
dimanche 1 avril 2012
Le matin, le soir aussi
Pas de pensée magique
mais il y a, je l'ai vu,
des fillettes en grappe
dans les arbres du parc
Leurs orteils s'agrippent
à l'écorce des branches
je vois leurs cuisses blanches
et leurs mollets griffés
Elles pépient
agitent leurs ailes
le vent doux du printemps
épand sur l'herbe
leur jus de chlorophylle
et les giclées de miel
Sous l'ombre de leurs jupes
une goutte rouge épaisse
s'échoue comme une larme
Dans ma chair se dessine
la fleur du flamboyant
le fruit est mûr
Jambes tendues
trille en avant
elles tombent
mais il y a, je l'ai vu,
des fillettes en grappe
dans les arbres du parc
Leurs orteils s'agrippent
à l'écorce des branches
je vois leurs cuisses blanches
et leurs mollets griffés
Elles pépient
agitent leurs ailes
le vent doux du printemps
épand sur l'herbe
leur jus de chlorophylle
et les giclées de miel
Sous l'ombre de leurs jupes
une goutte rouge épaisse
s'échoue comme une larme
Dans ma chair se dessine
la fleur du flamboyant
le fruit est mûr
Jambes tendues
trille en avant
elles tombent
vendredi 30 mars 2012
mercredi 28 mars 2012
lundi 26 mars 2012
Le matin encore
Au fait, mon amour
pense à laisser un de tes os
près des clés de la maison
J'aime boire le café le matin
avec ta moelle
Quoi, je suis morbide ?
mais je disais ça comme ça
je suis la fille la plus saine qui soit
regarde les joues rouges de nos enfants
leurs petites dents blanches qui claquent dans le vent
est-ce que ça pue pas fort la vie tout ça ?
La normalité suinte par tous mes pores
tu sais, il n'y a pas de pensée magique
alors des poèmes...
pense à laisser un de tes os
près des clés de la maison
J'aime boire le café le matin
avec ta moelle
Quoi, je suis morbide ?
mais je disais ça comme ça
je suis la fille la plus saine qui soit
regarde les joues rouges de nos enfants
leurs petites dents blanches qui claquent dans le vent
est-ce que ça pue pas fort la vie tout ça ?
La normalité suinte par tous mes pores
tu sais, il n'y a pas de pensée magique
alors des poèmes...
dimanche 25 mars 2012
Le mensonge si j'suis franc TB n°45
Voilà le dernier numéro de Traction Brabant de Patrice Maltaverne, où il est question de "Carcasse de sens" (Petit jeu, Morgan Riet), de "nez gros comme des morilles" (Expositions secrètes, Thierry Radière), de "l'âme du monde qui gronde" (Extérieurs, Emmanuelle Damour), de "masturbation des glaïeuls" (Pierre Vella), de "jungle moite" (L'aventurier, Nicolas Brulebois), et plein d'autres trucs bien sûr (trucs = poèmes - c'est pas péjoratif :) ...
et aussi bibi (bibi = moi), avec une tentative de poème, dans ce genre si pointu et boudé des puristes : la poésie séminale (les assidus du blog, (si si y en a :) reconnaîtront ledit poème, vu qu'il avait été initialement publié ici)
Au sommaire du numéro, vous (re)trouverez :
Pierre Anselmet,
Yvan Avena et Manolo Cuadra, Jan Bardeau, Linda Benadda, Marc Bonetto, Nicolas
Brulebois, Henri Cachau, Michèle Caussat, Georges Cathalo, Jean-Marc Couvé,
Emmanuelle Damour, Oslo Deauville, Eric Dejaeger, Cathy Garcia, Olivier Gay,
Jean Gédéon, Alain Jean-André, Jacques Laborde, Olivier Millot, Vincent Motard-Avargues, Didier Ober, Christophe Petit, Pierre Petit, Thierry
Radière, Morgan Riet, Basile Rouchin, Salvatore Sanfilippo, Michel Talon,
Jean-Marc Thévenin, Marc Tison, Pierre Vella, Chantal Viart, Patrice Viguès,
Claude Yvroud et aussi P.M. alias Malta.
et aussi bibi (bibi = moi), avec une tentative de poème, dans ce genre si pointu et boudé des puristes : la poésie séminale (les assidus du blog, (si si y en a :) reconnaîtront ledit poème, vu qu'il avait été initialement publié ici)
samedi 24 mars 2012
La première fois que tu es morte
La première fois que tu es morte
je riais fort
mes jambes s'emmêlaient sous une jupe courte
pied droit, pied gauche
deux hommes abattaient sur la table les pièces
je riais pour l'enfance
à la porte d'entrée, lui et cet autre
tapaient leurs dominos
La deuxième fois que tu es morte
je riais moins
tu étais sur le lit, la tête comme un oeuf
un an, plus tard
la coquille se fendait, je ramassais les bouts
pour en faire une image
à mon réveil, tu n'étais plus qu'un trou
au jeu de la mémoire
je riais fort
mes jambes s'emmêlaient sous une jupe courte
pied droit, pied gauche
deux hommes abattaient sur la table les pièces
je riais pour l'enfance
à la porte d'entrée, lui et cet autre
tapaient leurs dominos
La deuxième fois que tu es morte
je riais moins
tu étais sur le lit, la tête comme un oeuf
un an, plus tard
la coquille se fendait, je ramassais les bouts
pour en faire une image
à mon réveil, tu n'étais plus qu'un trou
au jeu de la mémoire
lundi 19 mars 2012
Les tas de mots
Les tas de mots* n°8
Tous les mauteurs qui se sont mis au vers ou à la prose pour celui-ci :
Jean-Marie Cador
Eric Cussard
Chantal Godé-Victor
Fabrice Farre
Yann Le Puits
Olivier Le Lohé
Claude Le Roy
Alain Leylavergne
Patrice Maltaverne
Murièle Modély
Vincent Motard-Avargues
Jean-Baptiste Pedini
Thierry Radière
Philippe Reguillon
Morgan Riet
Philippe Simon
Carlos Tronco
& Pierre Vella
Un extrait :
L’incertitude des ponts
les ponts sont des parachutes
au-dessus du fleuve
que je regarde avec émotion
ils relient mon vertige
à l’ombre de l’architecte
immobiles ils s’accrochent
aux idées en fer d’un homme
aux pas doux des rêveurs
dont je suis sans savoir
au moment de les traverser
si ce sera le bon
endroit pour poursuivre ma promenade
la berge de l’autre côté
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;Thierry Radière
* 15€/4 n° – 27, rue de la Fosse-Frandemiche – 14330 Le Molay-Littry
samedi 17 mars 2012
vendredi 2 mars 2012
Un Microbe & un Autobus
Au sommaire :
Illustrations de Martine Zimmer
Textes de
Pierre Anselmet
Yve Bressande
Éric Dejaeger
Guillaume Decourt
Fabrice Farre
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Philippe Goosens
Frédérick Houdaer
Diane Meunier
Jean-Jacques Nuel
Morgan Riet
Thierry Radière
Thierry Roquet
Salvatore Sanfilippo
Guillaume Siaudeau
Les abonnés le recevront dans quelques jours.
Les abonnés « + » recevront également le 33e mi(ni)crobe signé Paul Guiot : MAIS QUI SONT-ILS ? Comme d’habitude, les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez Éric !
___________________________________________________
En route l'Autobus n°6
JANY PINEAU
KEVIN BRODA
MORGAN RIET
JEAN-BAPTISTE PEDINI
On arrive jamais assez en retard au travail, on n’en part jamais trop tôt.
Ca pourrait bien être de moi ce truc.
Renseignements auprès de Fabrice Marzuolo par là
A propos...
Quelques mots ici & là sur mon Penser maillée, aux éditions du Cygne
sur le site Recours au poème là
sur Nouvelle Lanterne numéro 6 là
sur Les portes de la perception de Murièle Camac là
sur Court toujours d'Eric Dejaeger là
dans les Chemins battus de Morgan Riet là
le tout avec des extraits :)
(merci à eux)
Entendre la lecture d'un extrait ici
Des extraits dans le Nouveaux Delits n°40 de Cathy Garcia
et sur son blog Délits de poésie là
Une suite de quelques poèmes dans Voyage à l'île Paria (recueil des productions des 14è ateliers d'écriture du Prix du jeune écrivain de la ville de Muret)
Une chronique aussi dans le Décharge n°153 :
"[...] Il y a une liberté de parole et de ton, assez originale, et son recueil plutôt prolixe ne passe pas inaperçu. Entre créolité et métissage, féminité et négritude... Les mots / La langue / Ça ravine" (Diaphragme- Notes de Lectures par Jacques Morin)
Et enfin l'écrivain Dominique Boudou le cite brièvement sur son site, dans un billet consacré au Printemps des poètes 2012
Penser maillée a été mis en voix par le Théâtre des Tafurs en mars 2014 dans le cadre de la manifestation Demandez l'impossible à Bordeaux, des photos là, une courte vidéo là
Toujours dispo sur le site de l'éditeur & en librairie
jeudi 1 mars 2012
Evazine du premier trimestre 2012
- Au hasard de nos pages...
Arrivée hivernale deTaro Aizu qui conte en prose et gogyohshi (五行詩 - poèmes de cinq lignes ) l'espérance dela Fukushima renaissance ill. de l'auteurRetour en scène de la rubrique livres d'art avec deux opus de Anna Jouy
Oui, oui régalez vous avec la belle voix d'Anna Jouy qui rend si dense la poésie des uns et des autres...Ensuite,Cathy Garcia nous donne à savourer des effondrilles des 90's ill. Chloé TallotNé-Khô s'adresse à Vous ill. jlmiIsabelle Le Gouic décline Il & le voyage intérieur et rend hommage à son Amie Amy en rubrique Musiques à partagerMurièle Modély se demande si elle a bien répété cette passagère, cette invitée, si loin, si proche ... ill. Nan GoldinLucie Sagnières livre les raisons d'un nous n'irons plus... extrait de Qui vive ill.xGaëlle Josse chantonne la suite de son blues du rail urbain... Metropolis song ill. jlmiWerner Lambersy poursuit sa conversation à l'intérieur d'un mur l'Afrique est dans le chant / ils disent "Paix" / guerre un peu partout ill. courtesy Linda Zacks et il annonce l'ouverture de son blog http://wernerlambersy.hautetfort.com/Bruno Toméra évoque un ancienintermède estival avant d’immanquables jours d’hiver ill. d'après Natali FrankLe Salut invérifiable d'un Idiot souterrainex le Rien Quotidien dit la Montagnité des vies & des choses ill. jlmiVincent Courtois arpente de nouveau la Ville ill. de l'auteurJean-Marc Couvé propose sur le rythme 5/7/5 ( poème de trois lignes ) cinq haïkus d'hiver ill. jlmiJean-Claude Tardif conte l'histoire de celui qui de son sixième étage observe Mau ill. jlmiHarry Wilkens évoque une drôle de cuisine méditerranéenne et de difficiles projetsPatrice Maltaverne en arrive au matricule 33 , une histoire de talons & de cartons dans des couloirs d'immeubles ill. jlmiJean-Louis Millet "compte-goutte" les fragments 2 de son Psychorama holographique ill. de Odilon Redonet pour clore ce numéro,Maryline Bizeul , Vincent Courtois , Jean-Marc Couvé , Anna Jouy , Cathy Garcia , Werner Lambersy , le Salut invérifiable d'un Idiot souterrain , Patrice Maltaverne , Jean-Louis Millet , Murièle Modély , Lucie Sagnières , Bruno Toméraune affaire à suivre !
mercredi 29 février 2012
Love & Money de Dennis Kelly
"La semaine dernière j'étais devant cette vitrine à regarder ce sac que je n'avais pas les moyens d'acheter, et - c'était vraiment un trés beau sac, vraiment- et c'était comme si, comme si je ne pouvais pas bouger, et comme si je ne pouvais pas m'en aller à cause du sac, physiquement je veux dire j'étais clouée sur place, les poils hérissés sur la nuque et je me sentais mal de me mettre dans un tel état d'émotion à cause d'un putain de sac à main et pendant ce temps là y a toujours pas de solution en vue au conflit israélo-palestinien, et là soudain j'ai pensé que ce sac était fait non pas pour contenir des choses mais pour me contenir moi, et ça a été comme une révélation, ça m'a rendue tellement euphorique que je suis tout de suite entrée dans le magasin et j'ai acheté le sac, parce qu'il n'avait plus aucun pouvoir sur moi, et je me suis sentie super bien pendant le reste de la journée. Mais quand j'y ai repensé ce soir-là ça m'a paru tellement...
bête.
Elle rit
J'ai pleuré."
extrait de Love & Money. ADN de Dennis Kelly, L'Arche éditeur, 2011
Lu hier d'une traite. Quelle force dans le propos, l'écriture et la construction, on peut écouter la pièce de Dennis Kelly sur France Culture là
jeudi 16 février 2012
mardi 14 février 2012
Vacance
Du côté de Vésanie, Morgan Riet, Gros textes, 2011
Maille à l'endroit
maille à l'envers
mademoiselle
au fil d'heures perdues,
se tricote
des écharpes de rêves d'enfant
et d'étoiles
filantes.
[...]
Manquant tomber, Alain Lévêque, L'escampette, 2011
Les abricots
[...]
"Ecoute, disait-il, mêlé au sang de son père,
le peu de mots que je transporte peut suffire."
"Vois-tu ces petites planètes ambre et feu,
aux joues douces et à l'arrière-goût de fourmi
dont ta mère dévorait la pulpe à belles dents ?"
[...]
Décharge 152, extrait de Nageur du petit matin de François de Cornière
[...]
Cette impression alors
de n'être plus qu'un corps
un dos couché sur l'eau
l'oubli de qui on est :
être soi-même l'oubli
de tout ce qu'on a aimé.
Fragments pour une dormeuse, Dominique Boudou, Opales, 2001
[...]
Nous étions ce jour là plus sensibles aux oiseaux qui vont par deux au rebord des balcons. Leurs caresses, dans le silence que nous avions appprivoisé, berçaient nos souvenirs d'ombre et de lumière confondus. Rien de mal ne pouvait nous atteindre jusqu'au soir.
Nous étions légers.
mardi 7 février 2012
mercredi 1 février 2012
Un truc de travers
j'aime bien qu'on fasse l'amour
quand il neige dedans
sur mes cuisses
ça coule
(...)
quand je lis un texte
je dévie parfois
souvent
toujours
(...)
les petites parenthèses
lignes ourlées de ma bouche
qui déforment
les mots
quand il neige dedans
sur mes cuisses
ça coule
(...)
quand je lis un texte
je dévie parfois
souvent
toujours
(...)
les petites parenthèses
lignes ourlées de ma bouche
qui déforment
les mots
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