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dimanche 11 mai 2014
La répétition
Les avions passaient, lumières en croix, au-dessus de nos têtes. Nous déroulions nos textes vite, en riant fort, en buvant trop. Chaque gorgée nous enfonçait davantage dans nos sièges. Nous disions, attablés dans le jardin, si proches et pourtant totalement enfermés dans nos répliques. Il fallait peut-être attendre que l'alcool nous détende, que quelque chose s'effondre pour que nous ouvrions pour de vrai la boîte, que sous les rôles se révèlent nos sens, ou pas. Comment dans le flot de paroles s'arrêter et comprendre. L'autre en face, ou à côté, dans les ombres et reflets que les branches de l'arbre près de la table imprimaient sur nos corps. Les conversations filaient, coulaient, roulaient ; peut-être est-ce parce que j'en attendais trop, que la nuit étendait son voile sur nous, que j'échouais à vraiment cerner mes partenaires dans la lumière vacillante . Mais de temps à autre, le bruit des avions ramenait le silence, le vrai, du dedans. Alors, chaque courbe de lèvre, chaque pli de menton, chaque délié de main devenait plein, lourd et profond.
samedi 10 mai 2014
le feu d'artifice le crépitement le bruit
assourdissant la boîte noire qui le rire tonitruant la main battoir plaquée contre la hanche l'épais le gras la toile
tendue la peau tendue la paume tendue la première fente le coup de hache le mot le seul giclée dans l’œil le poids et le couteau le ventre
déchiré une fois deux fois les bombes entre nos bras des enfants sur leur nuque les maux le beau mot épelé d.é.s.i.r des jambes écartées l’éruption la salive la chair décomposée sur les draps chiffonnés mon corps ouvert ton corps fermé le si
l
e
n
c
e
tout en bas
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n
c
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tout en bas
vendredi 9 mai 2014
mardi 6 mai 2014
Le blog de Stéphane Bernard #lire
"ce qu’il faut absolument être : effroyablement soi.
je répète sans cesse. ce que je suis.
vingt-cinq ans.
je reluque mon image dans le miroir d’un meublé.
punaisée au-dessus, l’icône faite
par Malanga d’un Pop nu.
queue pendante, œil dur.
dominant la vasque où je crache."
je répète sans cesse. ce que je suis.
vingt-cinq ans.
je reluque mon image dans le miroir d’un meublé.
punaisée au-dessus, l’icône faite
par Malanga d’un Pop nu.
queue pendante, œil dur.
dominant la vasque où je crache."
Poème Deux nus, Stéphane Bernard, à lire son blog
mercredi 30 avril 2014
C'est le jour
pose ton bras sur le rebord de la fenêtre
n'aie pas peur
attends que le soleil détricote tes pores
attends que la chaleur coule son or
laisse les rayons entrer, charrier dans la rue
la merde, les cauchemars
ne pense pas à la vie
à ta putain de vie qui fait le trottoir
C'est le jour
profite
de l'instant
où tu es
rien de plus
rien de moins
vive
nette
dans le nouveau matin
puis
allume la radio
sers toi un café
laisse toi par les mots
lentement pénétrer
sors
cours
avance
tu vas avec
La nuit doucement vient
recoudre sur tes os
l'enveloppe du chien
pose ton bras sur le rebord de la fenêtre
n'aie pas peur
attends que le soleil détricote tes pores
attends que la chaleur coule son or
laisse les rayons entrer, charrier dans la rue
la merde, les cauchemars
ne pense pas à la vie
à ta putain de vie qui fait le trottoir
C'est le jour
profite
de l'instant
où tu es
rien de plus
rien de moins
vive
nette
dans le nouveau matin
puis
allume la radio
sers toi un café
laisse toi par les mots
lentement pénétrer
sors
cours
avance
tu vas avec
La nuit doucement vient
recoudre sur tes os
l'enveloppe du chien
mardi 29 avril 2014
Démolition de Jean Christophe Belleveaux #lire
"le monde est trop plein
de mois, d'années, de millénaires
trop plein d'amour courtois et de guerres
le monde est trop plein
d'îles sur lesquelles
se dressent comme de hautes forteresses
de hautes falaises
ou alors de longues grèves
qui écoutent infiniment
gémir les galets
le monde est trop plein
d'ailes de corbeaux, de plumes de macareux,
de cris de toucans,
trop plein de langues
aux sonorités étranges
ma cage thoracique
n'a pas assez de perchoirs
pour tous ces oiseaux"
de mois, d'années, de millénaires
trop plein d'amour courtois et de guerres
le monde est trop plein
d'îles sur lesquelles
se dressent comme de hautes forteresses
de hautes falaises
ou alors de longues grèves
qui écoutent infiniment
gémir les galets
le monde est trop plein
d'ailes de corbeaux, de plumes de macareux,
de cris de toucans,
trop plein de langues
aux sonorités étranges
ma cage thoracique
n'a pas assez de perchoirs
pour tous ces oiseaux"
extrait de Démolition de Jean-Christophe Belleveaux
Editions Les Carnets du Dessert de Lune, 2013
Editions Les Carnets du Dessert de Lune, 2013
lundi 21 avril 2014
dimanche 20 avril 2014
On en parle #8
La suite à lire par là
Et lire la revue (textes & images) d'un clic sur la couverture
samedi 19 avril 2014
jeudi 17 avril 2014
coll(ect)age
Il n’a pas posé un grillage. Il a déversé une fange. pour exclure "les cookies, les
chips, les boissons énergisantes, les sodas, les fruits de mer et la
viande" de la liste des denrées que l’on peut acheter avec des bons
alimentaires. la France «prête à se mobiliser» "Voyez-vous, gouverner c’est avoir rendez-vous avec la réalité." en Allemagne, ce sont plus de 3 millions de personnes qui
travaillent, mais ne gagnent pas assez pour se chauffer correctement,
qui ne mangent pas à leur faim, et qui ne partent certainement pas en
vacances l'assistanat est aujourd'hui l'un des des vrais cancers de la société Un assistanat à plus de 7000€ brut par mois, tout de même Putain si c'est pas un mois d'avril du tonnerre
mercredi 16 avril 2014
Nous jouons aux cartes
Dans les mains nous n'avons que nos doigts
Un bien mauvais jeu à mettre sur la table
Nous avons aussi nos jambes
Pour fuir à toute allure
Mais quelle est la règle ?
Dans quelle langue s'écrit le mode d'emploi ?
Le plateau est étroit
Si nos pas s'emballent
Nos phrases en restent là
Nous jouons
Comme si nous avions le choix
Dans les mains nous n'avons que nos doigts
Un bien mauvais jeu à mettre sur la table
Nous avons aussi nos jambes
Pour fuir à toute allure
Mais quelle est la règle ?
Dans quelle langue s'écrit le mode d'emploi ?
Le plateau est étroit
Si nos pas s'emballent
Nos phrases en restent là
Nous jouons
Comme si nous avions le choix
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