mercredi 28 mars 2012

lundi 26 mars 2012

Le matin encore

Au fait, mon amour
pense à laisser un de tes os
près des clés de la maison
J'aime boire le café le matin
avec ta moelle



Quoi, je suis morbide ?
mais je disais ça comme ça
je suis la fille la plus saine qui soit
regarde les joues rouges de nos enfants
leurs petites dents blanches qui claquent dans le vent
est-ce que ça pue pas fort la vie tout ça ?



La normalité suinte par tous mes pores
tu sais, il n'y a pas de pensée magique
alors des poèmes...

Le matin

je prends ton coeur glaçon
dans ma bouche
à l'envers de ma joue

je suce
le tète
j'insiste
je mords un peu

tu finiras bien par secouer la cage
par dessserrer l'étau de ta poitrine close
contre les coups de langue de mes petites proses

dimanche 25 mars 2012

Le mensonge si j'suis franc TB n°45

Voilà le dernier numéro de Traction Brabant de Patrice Maltaverne, où il est question de "Carcasse de sens" (Petit jeu, Morgan Riet), de "nez gros comme des morilles" (Expositions secrètes, Thierry Radière), de "l'âme du monde qui gronde" (Extérieurs, Emmanuelle Damour), de "masturbation des glaïeuls" (Pierre Vella), de "jungle moite" (L'aventurier, Nicolas Brulebois),  et plein d'autres trucs bien sûr (trucs = poèmes - c'est pas péjoratif :) ...


Au sommaire du numéro, vous (re)trouverez :
Pierre Anselmet, Yvan Avena et Manolo Cuadra, Jan Bardeau, Linda Benadda, Marc Bonetto, Nicolas Brulebois, Henri Cachau, Michèle Caussat, Georges Cathalo, Jean-Marc Couvé, Emmanuelle Damour, Oslo Deauville, Eric Dejaeger, Cathy Garcia, Olivier Gay, Jean Gédéon, Alain Jean-André, Jacques Laborde, Olivier Millot, Vincent Motard-Avargues, Didier Ober, Christophe Petit, Pierre Petit, Thierry Radière, Morgan Riet, Basile Rouchin, Salvatore Sanfilippo, Michel Talon, Jean-Marc Thévenin, Marc Tison, Pierre Vella, Chantal Viart, Patrice Viguès, Claude Yvroud et aussi P.M. alias Malta.

et aussi bibi (bibi = moi), avec une tentative de poème, dans ce genre si pointu et boudé des puristes : la poésie séminale (les assidus du blog, (si si y en a :) reconnaîtront ledit poème, vu qu'il avait été initialement publié ici)

samedi 24 mars 2012

La première fois que tu es morte

La première fois que tu es morte
je riais fort
mes jambes s'emmêlaient sous une jupe courte
pied droit, pied gauche
deux hommes abattaient sur la table les pièces
je riais pour l'enfance
à la porte d'entrée, lui et cet autre
tapaient leurs dominos


La deuxième fois que tu es morte
je riais moins
tu étais sur le lit, la tête comme un oeuf
un an, plus tard
la coquille se fendait, je ramassais les bouts
pour en faire une image
à mon réveil, tu n'étais plus qu'un trou
au jeu de la mémoire

lundi 19 mars 2012

Les tas de mots



Les tas de mots* n°8
Tous les mauteurs qui se sont mis au vers ou à la prose pour celui-ci :
Jean-Marie Cador
Eric Cussard
Chantal Godé-Victor
Fabrice Farre
Yann Le Puits
Olivier Le Lohé
Claude Le Roy
Alain Leylavergne
Patrice Maltaverne
Murièle Modély
Vincent Motard-Avargues
Jean-Baptiste Pedini
Thierry Radière
Philippe Reguillon
Morgan Riet
Philippe Simon
Carlos Tronco
& Pierre Vella

Un extrait :

L’incertitude des ponts
les ponts sont des parachutes
au-dessus du fleuve
que je regarde avec émotion
ils relient mon vertige
à l’ombre de l’architecte
immobiles ils s’accrochent
aux idées en fer d’un homme
aux pas doux des rêveurs
dont je suis sans savoir
au moment de les traverser
si ce sera le bon
endroit pour poursuivre ma promenade
la berge de l’autre côté
;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;;Thierry Radière

* 15€/4 n° – 27, rue de la Fosse-Frandemiche – 14330 Le Molay-Littry

samedi 17 mars 2012

vendredi 2 mars 2012

Un Microbe & un Autobus

Le nouveau Microbe arrive !

Au sommaire :
Illustrations de Martine Zimmer
Textes de
Pierre Anselmet
Yve Bressande
Éric Dejaeger
Guillaume Decourt
Fabrice Farre
Jean-Paul Gavard-Perret
Jean-Philippe Goosens
Frédérick Houdaer
Diane Meunier
Jean-Jacques Nuel
Morgan Riet
Thierry Radière
Thierry Roquet
Salvatore Sanfilippo
Guillaume Siaudeau


Les abonnés le recevront dans quelques jours.
Les abonnés « + » recevront également le 33e mi(ni)crobe signé Paul Guiot : MAIS QUI SONT-ILS ? Comme d’habitude, les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez Éric !

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En route l'Autobus n°6

JANY PINEAU

KEVIN BRODA
MORGAN RIET
 JEAN-BAPTISTE PEDINI

SALVATORE SANFILIPPO
 On arrive jamais assez en retard au travail, on n’en part jamais trop tôt.
 Ca pourrait bien être de moi ce truc.

 Renseignements auprès de Fabrice Marzuolo par



A propos...



Quelques mots ici & là sur mon Penser maillée, aux éditions du Cygne

sur le site Recours au poème
sur Nouvelle Lanterne numéro 6
sur Les portes de la perception de Murièle Camac
sur Court toujours d'Eric Dejaeger
dans les Chemins battus de Morgan Riet

le tout avec des extraits :)
(merci à eux)


















Entendre la lecture d'un extrait ici

Des extraits dans le Nouveaux Delits n°40 de Cathy Garcia
et sur son blog Délits de poésie

Une suite de quelques poèmes dans Voyage à l'île Paria (recueil des productions des 14è ateliers d'écriture du Prix du jeune écrivain de la ville de Muret)

Une chronique aussi dans le Décharge n°153 :
"[...] Il y a une liberté de parole et de ton, assez originale, et son recueil plutôt prolixe ne passe pas inaperçu. Entre créolité et métissage, féminité et négritude... Les mots / La langue / Ça ravine" (Diaphragme- Notes de Lectures par Jacques Morin)

Et enfin l'écrivain Dominique Boudou le cite brièvement sur son site, dans un billet consacré au Printemps des poètes 2012

Penser maillée a été mis en voix par le Théâtre des Tafurs en mars 2014 dans le cadre de la manifestation Demandez l'impossible à Bordeaux, des photos , une courte vidéo

Toujours dispo sur le site de l'éditeur & en librairie



jeudi 1 mars 2012

Evazine du premier trimestre 2012




janvier février mars 2012
Au hasard de nos pages...
Arrivée hivernale de
Taro Aizu qui conte en prose et gogyohshi (五行詩 - poèmes de cinq lignes ) l'espérance dela Fukushima renaissance ill. de l'auteur
Retour en scène de la rubrique livres d'art avec deux opus de Anna Jouy
Ensuite,
Cathy Garcia nous donne à savourer des effondrilles des 90's ill. Chloé Tallot
Né-Khô s'adresse à Vous ill. jlmi
Isabelle Le Gouic décline Il & le voyage intérieur et rend hommage à son Amie Amy en rubrique Musiques à partager
Murièle Modély se demande si elle a bien répété cette passagère, cette invitée, si loin, si proche ... ill. Nan Goldin
Lucie Sagnières livre les raisons d'un nous n'irons plus... extrait de Qui vive ill.x
Maryline Bizeul présente grâce à un extrait de Sylvestris lu par Anna Jouy
Gaëlle Josse chantonne la suite de son blues du rail urbain... Metropolis song ill. jlmi
Denise Desautels projette d'universelles douleurs sur fond d'océan ill. Louise Bourgeois
Ferruccio Brugnaro raconte ce que devient le cœur de tous dans le travail nocturne ill. jlmi
Werner Lambersy poursuit sa conversation à l'intérieur d'un mur l'Afrique est dans le chant / ils disent "Paix" / guerre un peu partout ill. courtesy Linda Zacks et il annonce l'ouverture de son blog http://wernerlambersy.hautetfort.com/
Bruno Toméra évoque un ancienintermède estival avant d’immanquables jours d’hiver ill. d'après Natali Frank
Le Salut invérifiable d'un Idiot souterrainex le Rien Quotidien dit la Montagnité des vies & des choses ill. jlmi
Vincent Courtois arpente de nouveau la Ville ill. de l'auteur
Jean-Marc Couvé propose sur le rythme 5/7/5 ( poème de trois lignes ) cinq haïkus d'hiver ill. jlmi
Jean-Claude Tardif conte l'histoire de celui qui de son sixième étage observe Mau ill. jlmi
Harry Wilkens évoque une drôle de cuisine méditerranéenne et de difficiles projets
Patrice Maltaverne en arrive au matricule 33 , une histoire de talons & de cartons dans des couloirs d'immeubles ill. jlmi
Jean-Louis Millet "compte-goutte" les fragments 2 de son Psychorama holographique ill. de Odilon Redon
et pour clore ce numéro,
de très nombreuses nouveautés en Poésie lue grâce à Anna Jouy qui donne ce trimestre une voix à...
une affaire à suivre !
Et n'oubliez pas de feuilleter le catalogue des Éditions du Contentieux de nouveau disponible

Oui, oui régalez vous avec la belle voix d'Anna Jouy qui rend si dense la poésie des uns et des autres...

mercredi 29 février 2012

Love & Money de Dennis Kelly


"La semaine dernière j'étais devant cette vitrine à regarder ce sac que je n'avais pas les moyens d'acheter, et - c'était vraiment un trés beau sac, vraiment- et c'était comme si, comme si je ne pouvais pas bouger, et comme si je ne pouvais pas m'en aller à cause du sac, physiquement je veux dire j'étais clouée sur place, les poils hérissés sur la nuque et je me sentais mal de me mettre dans un tel état d'émotion à cause d'un putain de sac à main et pendant ce temps là y a toujours pas de solution en vue au conflit israélo-palestinien, et là soudain j'ai pensé que ce sac était fait non pas pour contenir des choses mais pour me contenir moi, et ça a été comme une révélation, ça m'a rendue tellement euphorique que je suis tout de suite entrée dans le magasin et j'ai acheté le sac, parce qu'il n'avait plus aucun pouvoir sur moi, et je me suis sentie super bien pendant le reste de la journée. Mais quand j'y ai repensé ce soir-là ça m'a paru tellement...
bête.
Elle rit
J'ai pleuré."

extrait de Love & Money. ADN de Dennis Kelly, L'Arche éditeur, 2011

Lu hier d'une traite. Quelle force dans le propos, l'écriture et la construction, on peut écouter la pièce de Dennis Kelly sur France Culture

jeudi 16 février 2012

mardi 14 février 2012

Vacance




Du côté de Vésanie, Morgan Riet, Gros textes, 2011

Maille à l'endroit
maille à l'envers

mademoiselle
au fil d'heures perdues,

se tricote
des écharpes de rêves d'enfant

et d'étoiles
filantes.
[...]



Manquant tomber, Alain Lévêque, L'escampette, 2011
Les abricots
[...]
"Ecoute, disait-il, mêlé au sang de son père,
le peu de mots que je transporte peut suffire."

"Vois-tu ces petites planètes ambre et feu,
aux joues douces et à l'arrière-goût de fourmi
dont ta mère dévorait la pulpe à belles dents ?"
[...]



Décharge 152, extrait de Nageur du petit matin de François de Cornière
[...]
Cette impression alors
de n'être plus qu'un corps
un dos couché sur l'eau
l'oubli de qui on est :

être soi-même l'oubli
de tout ce qu'on a aimé.



Fragments pour une dormeuse, Dominique Boudou, Opales, 2001
[...]
Nous étions ce jour là plus sensibles aux oiseaux qui vont par deux au rebord des balcons. Leurs caresses, dans le silence que nous avions appprivoisé, berçaient nos souvenirs d'ombre et de lumière confondus. Rien de mal ne pouvait nous atteindre jusqu'au soir.
Nous étions légers.

mardi 7 février 2012

(vu sur Curiosa & Caetera d'Eric Poindron)

mercredi 1 février 2012

I'm losing my mind

Un truc de travers

j'aime bien qu'on fasse l'amour 
quand il neige dedans
sur mes cuisses
ça coule


(...)


quand je lis un texte
je dévie parfois
souvent
toujours


(...)


les petites parenthèses
lignes ourlées de ma bouche
qui déforment
les mots



lundi 30 janvier 2012

vendredi 20 janvier 2012

Penser maillée

Dans le foisonnement ou le manque, dans la mémoire qui file, dans l'île qui se dérobe, la langue explore, fouaille, cherche l'identité métissée…
Comment remplir les blancs, combler le noir ?

Tu t'épelles comme la première lettre
Tu bazardes en morceaux ton corps par la fenêtre
Tu recrées l'alphabet sur l'arête du ciel
[…]
Voilà mis
Bout à bout
Des pores, des pigments
Voilà dans le karaï
Tes épices fragments


Comment penser le mot, mailler le mot, tous les mots...

Voilà ça y est :-), mon livre est sorti aux éditions du Cygne... vous pouvez vous le procurer sur le site de l'éditeur (papier, pdf) ou le commander en librairie (ou en ligne, fnac par exemple -amazon semblant le moins fiable en l'occurrence pour se le procurer) ou me mailer ;)


Et pourquoi ce titre ? pour la polysémie du mot maillé, qui en créole signifie emmêlé
Que le mot évoque dans un même temps l'idée d'ordre et de désordre me parle énormément :)...

lundi 16 janvier 2012

Je passe mon tour



©Ph0T0ph!L

Il suffirait
De rire
Devant ton oeil
Qui glisse
Sur cette courbe neuve
Loin de mon ventre mou

Il suffirait
De jouer
Au bord à la marelle
Laisser la pierre fendre
L’air et tous ces enfants
Qui n'existeraient pas

Il suffirait
Sans doute
De tordre un peu le cou
A ce conditionnel
Pour me remettre en joue
Ton goût suave de terre


Il suffirait...
Mais bon, je passe mon tour



/



Je suis contre ton torse
Et je sens sur ma hanche
Le pli, le gras
Le tien
Le mien
Nos souffles aigres
Tes pieds froids

Tout autour il n'y a
Rien
C'est simple, la nuit s'é-
Vide
La chambre est nue et moi
Je sens comme un cadavre
Pousser entre mes
Bras



C'est ça, je sens
Le futur tout proche
La fin, le claquement
De dents, les ossements

Les murs qui pèlent
À l'envers de paupières
Entre les draps, ton corps
Epais et tendre
Façonner sous la cendre
La forme d'un gisant



/



Dans la lumière
Du sous bois
Parfois
Ton haleine
Me rappelle
La morsure des fauves
Et l'odeur défaite
Des émois