Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle a toujours, à table avec lui, légèrement décalé sa chaise. Pas beaucoup, non. La distance suffisante pour une respiration.
Il pose ses mains larges, ses coudes, parfois les bras entiers sur la table branlante. Elle le regarde, un peu en retrait, les mains croisées sous sa poitrine. Sur son ventre devenu, avec l'âge, un support stable.
Et depuis pas longtemps, elle fait ce même geste, lorsqu'ils parlent.
C'est venu comme ça, sans qu'elle s'en rende compte, elle décale. Il parle, elle laisse quelques secondes tomber, puis ouvre la bouche.
Juste quelques secondes, que les yeux posés sur elle se détournent, que la bouche légèrement tordue se décrispe. Un laps de temps infime, pendant lequel les postillons choient sur le formica.
Il tourne la tête ou s'abîme ailleurs. Dans le verre de vin rouge. Dans le pain calé sous son aisselle, qu'il rompt d'un geste sec.
Elle ne sait pas très bien pourquoi, ni comment, ces minuscules et irréversibles éloignements se sont installés. Elle dévisage l'homme dégarni aux yeux fiévreux, assis à table sous l'horloge massive de la cuisine mal éclairée, mettre une cuillère, puis une autre, dans sa bouche.
Elle l'absorbe, l'observe, ne le reconnaît pas, l'oublie même parfois, là, le midi, le soir, vaguement absente de table et de voix.
dimanche 27 mars 2011
mardi 22 mars 2011
lundi 21 mars 2011
D'abord j'ai écrit pour moi
d'abord
j'ai écrit pour moi
puis pour lui
puis pour je ne sais qui
ou pour je ne sais quoi
hésitant plume au vent
entre vomir ou être vomi
*
Ensuite j'ai fait lire
d'abord par lui
puis par d'autres
par des gens
toujours la plume
toujours du vent
toujours la matière
*
et le poète
(à l'époque j'appelais poète
toute personne s'exprimant par
énnéasyllabes, usant aussi
des hyperbates, pour faire genre)
qui avait mon petit quatrain lu
écrit à l'encre bleue de ma main
avait craché
"c'est une sombre merde d'une
sombre merde"
(où j'apprends que parfois le poète
use et abuse de la condu-
plication)
*
bref il n'avait pas aimé
trouvait ça trop sensuel
pas assez rationnel
lui ce qu'il lisait
c'était du cérébral
du ciselé mental
N'importe qui, fillette
peut planter
son stylo dans son bide
tirer un bout de tripes
et cracher sa bile
*
toujours ce truc
vomir ou être vomi
j'ai écrit pour moi
puis pour lui
puis pour je ne sais qui
ou pour je ne sais quoi
hésitant plume au vent
entre vomir ou être vomi
*
Ensuite j'ai fait lire
d'abord par lui
puis par d'autres
par des gens
toujours la plume
toujours du vent
toujours la matière
*
et le poète
(à l'époque j'appelais poète
toute personne s'exprimant par
énnéasyllabes, usant aussi
des hyperbates, pour faire genre)
qui avait mon petit quatrain lu
écrit à l'encre bleue de ma main
avait craché
"c'est une sombre merde d'une
sombre merde"
(où j'apprends que parfois le poète
use et abuse de la condu-
plication)
*
bref il n'avait pas aimé
trouvait ça trop sensuel
pas assez rationnel
lui ce qu'il lisait
c'était du cérébral
du ciselé mental
N'importe qui, fillette
peut planter
son stylo dans son bide
tirer un bout de tripes
et cracher sa bile
*
toujours ce truc
vomir ou être vomi
dimanche 20 mars 2011
Nouveaux délits n°39
AU SOMMAIRE
Pris(es) en flagrant Délit de poésie :
Marlène Tissot, Didier Pesnel, Linda Caro et Patrice Maltaverne
Délit d’abandon de chaussure au milieu de la route : Stéphane Beau
Délits d’(in)citations printanières et en Résonances, 1 livre, 1 chanteuse et 1 recueil.
Vous trouverez le bulletin de complicité fidèle à son poste.
plus d'info par ici
jeudi 17 mars 2011
FPDV - Les salopes
Une petite participation sur FPDV - Formule polyvalente à dilution variable
(thématique de mars : les salopes)
FPDV
(thématique de mars : les salopes)
lundi 14 mars 2011
jeudi 10 mars 2011
mardi 8 mars 2011
Brève de comptoir
Ce matin dans le centre commercial
y avait un renard et un sanglier qui
ratissaient les allées la faim au ventre
j'te jure
pôv débile, il n'y a pas de bêtes
qui fassent ses emplettes au supermarché
ok, soyons précis
Ce matin dans le centre commercial
un sanglier (il était seul) cherchait
crânement à bouffer du jambon
(coup de poing)
sombre crétin où crois-tu qu'on vit?
les bêtes de la ville brident leurs instincts
(langue enflée)
che t'achure y avait un changlier couvert de gras
qui chlalomait che matin dans le chentre commerchial
entre des groches mémés en tranche
*
A la une de La Rincée Parisienne ce matin
"VIOLENTE ATTAQUE DANS LE CENTRE COMMERCIAL DE LA FOUNETTE
Un mystérieux animal aurait dévasté ce matin, à l'ouverture du centre commercial de la Founette, les allées du supermarché Lefour. L'attaque n'aurait duré qu'une trentaine de minutes mais aurait occasionné des pertes phénoménales à l'enseigne parisienne déjà menacé par un plan social. Selon Monsieur Jipègue, le directeur de l'établissement, les pertes en denrées périssables s'élèveraient selon ses premières estimations à plus d'un million d'euros, ce qui aurait malheureusement pour effet de revoir à la hausse le prévisionnel des licenciements.
Monsieur Jipègue déclare : "Je tiens à rassurer les consommateurs, une commande exceptionnelle permettra de réapprovisionner dès cet après-midi les rayons de l'établissement. Pour les clients présents ce matin, contusionnés ou blessés par cette attaque indépendante de notre volonté, un bon de réduction de dix euros sur leurs prochaines courses leur sera remis à l'accueil sur présentation d'une attestation médicale."
On ne dénombre pas moins de cinq fractures de la hanche, et plus d'une centaine de blessures à la région glutéale, consécutives aux chutes provoquées par les matières liquides ou grasses répandues par l'animal en furie.
Notre journaliste, dépêché sur place, a pu recueillir un certain nombre de témoignages de clients encore étendus sur le sol en attente des secours.
Selon Mme X, il s'agirait d'un sanglier. Elle a en effet parfaitement reconnu le pelage rêche caractéristique de l'animal, malgré les nombreuses matières (céréales, miel, huile, PQ etc.) le recouvrant totalement.
Selon Mr Y, il s'agirait plus vraisemblablement d'un forcené échappé de l'établissement psychiatrique, situé à quelques centaines de mètres.
Mr Y, également président de l'association des riverains, a trouvé la force de nous confier malgré ses blessures :
"Cela fait quelques mois que nous nous mobilisons pour l'éloignement de cet hopital en rase campagne. L'obstination et la résistance de quelques parents de malades aboutissent aujourd'hui à ce drame prévisible, puisque je vous rappelle que l'hopital n'est pas cloturé et qu'il donne directement sur l'entrée nord, là même où le fou furieux est entré."
Selon les déclarations d'un vétérinaire à la retraite, également présent ce matin dans le magasin, il lui semble par ailleurs impossible qu'un sanglier ait pu parcourir les deux cent kilomètres séparant le bois le plus proche du bâtiment, traverser l'autoroute, le périphérique, les routes, éviter les voitures très nombreuses sur le parking ce matin vers 10 heures, ne pas être asphyxié par la concentration très élevée de CO2 à 80 cm du sol (sa taille approximative selon les témoins NDLR)
Un ministre interrogé ce matin sur France Inter, évoque la mise en place d'une commission de réflexion sur un dispositif législatif permettant l'éloignement de toute bête (sanglier, forcené, en bref tout être vivant non domestiqué ) des centres de production économique.
L'enquête suit son court."
y avait un renard et un sanglier qui
ratissaient les allées la faim au ventre
j'te jure
pôv débile, il n'y a pas de bêtes
qui fassent ses emplettes au supermarché
ok, soyons précis
Ce matin dans le centre commercial
un sanglier (il était seul) cherchait
crânement à bouffer du jambon
(coup de poing)
sombre crétin où crois-tu qu'on vit?
les bêtes de la ville brident leurs instincts
(langue enflée)
che t'achure y avait un changlier couvert de gras
qui chlalomait che matin dans le chentre commerchial
entre des groches mémés en tranche
*
A la une de La Rincée Parisienne ce matin
"VIOLENTE ATTAQUE DANS LE CENTRE COMMERCIAL DE LA FOUNETTE
Un mystérieux animal aurait dévasté ce matin, à l'ouverture du centre commercial de la Founette, les allées du supermarché Lefour. L'attaque n'aurait duré qu'une trentaine de minutes mais aurait occasionné des pertes phénoménales à l'enseigne parisienne déjà menacé par un plan social. Selon Monsieur Jipègue, le directeur de l'établissement, les pertes en denrées périssables s'élèveraient selon ses premières estimations à plus d'un million d'euros, ce qui aurait malheureusement pour effet de revoir à la hausse le prévisionnel des licenciements.
Monsieur Jipègue déclare : "Je tiens à rassurer les consommateurs, une commande exceptionnelle permettra de réapprovisionner dès cet après-midi les rayons de l'établissement. Pour les clients présents ce matin, contusionnés ou blessés par cette attaque indépendante de notre volonté, un bon de réduction de dix euros sur leurs prochaines courses leur sera remis à l'accueil sur présentation d'une attestation médicale."
On ne dénombre pas moins de cinq fractures de la hanche, et plus d'une centaine de blessures à la région glutéale, consécutives aux chutes provoquées par les matières liquides ou grasses répandues par l'animal en furie.
Notre journaliste, dépêché sur place, a pu recueillir un certain nombre de témoignages de clients encore étendus sur le sol en attente des secours.
Selon Mme X, il s'agirait d'un sanglier. Elle a en effet parfaitement reconnu le pelage rêche caractéristique de l'animal, malgré les nombreuses matières (céréales, miel, huile, PQ etc.) le recouvrant totalement.
Selon Mr Y, il s'agirait plus vraisemblablement d'un forcené échappé de l'établissement psychiatrique, situé à quelques centaines de mètres.
Mr Y, également président de l'association des riverains, a trouvé la force de nous confier malgré ses blessures :
"Cela fait quelques mois que nous nous mobilisons pour l'éloignement de cet hopital en rase campagne. L'obstination et la résistance de quelques parents de malades aboutissent aujourd'hui à ce drame prévisible, puisque je vous rappelle que l'hopital n'est pas cloturé et qu'il donne directement sur l'entrée nord, là même où le fou furieux est entré."
Selon les déclarations d'un vétérinaire à la retraite, également présent ce matin dans le magasin, il lui semble par ailleurs impossible qu'un sanglier ait pu parcourir les deux cent kilomètres séparant le bois le plus proche du bâtiment, traverser l'autoroute, le périphérique, les routes, éviter les voitures très nombreuses sur le parking ce matin vers 10 heures, ne pas être asphyxié par la concentration très élevée de CO2 à 80 cm du sol (sa taille approximative selon les témoins NDLR)
Un ministre interrogé ce matin sur France Inter, évoque la mise en place d'une commission de réflexion sur un dispositif législatif permettant l'éloignement de toute bête (sanglier, forcené, en bref tout être vivant non domestiqué ) des centres de production économique.
L'enquête suit son court."
lundi 7 mars 2011
vendredi 4 mars 2011
Vieil homme aux escarres #vases communicants
*
Il geint.
Sur sa hanche
cratère putride où se lave
lentement qui vient,
la
violente.
*
On panse.
On essaie de faire au mieux.
On pense
aux draps souillés
qu’il va falloir changer,
à la poche d’urine
presque pleine, à cette
journée qui se termine,
aux prochaines vacances,
aux poches vides,
aux proches vus de loin en loin,
aux enfants qui poussent si vite
qu’on y pense
sans fin
en essayant de ne pas.
On panse.
*
Au sortir de la chambre,
un mot, un sourire –
pas toujours, c’est vrai –
comme un voile de morphine
posé sur ses paupières,
sa bouche
pas à pas volcan éteint.
Se posent ici les mots de Morgan Riet dans le cadre des vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre (...). Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Mes mots à moi sont là bas
Les autres vases listés ici : http://rendezvousdesvases.blogspot.com/
(publication avec deux jours de retard -problème de connexion, mille excuses à Morgan Riet)
Il geint.
Sur sa hanche
cratère putride où se lave
lentement qui vient,
la
violente.
*
On panse.
On essaie de faire au mieux.
On pense
aux draps souillés
qu’il va falloir changer,
à la poche d’urine
presque pleine, à cette
journée qui se termine,
aux prochaines vacances,
aux poches vides,
aux proches vus de loin en loin,
aux enfants qui poussent si vite
qu’on y pense
sans fin
en essayant de ne pas.
On panse.
*
Au sortir de la chambre,
un mot, un sourire –
pas toujours, c’est vrai –
comme un voile de morphine
posé sur ses paupières,
sa bouche
pas à pas volcan éteint.
Se posent ici les mots de Morgan Riet dans le cadre des vases communicants : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre (...). Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
Mes mots à moi sont là bas
Les autres vases listés ici : http://rendezvousdesvases.blogspot.com/
(publication avec deux jours de retard -problème de connexion, mille excuses à Morgan Riet)
lundi 28 février 2011
mercredi 23 février 2011
Elle est maigre
Elle est maigre. Elle n'a ni seins ni fesses, mais elle s'obstine à mettre des décolletés, qui ne mettent en valeur que ses côtes.
Aujourd'hui on voit aussi ses hanches : elle a mis un jean taille basse. Comme elle est très blanche, on a l'impression que l'os sous la peau est un couteau japonais en céramique, planté dans son pantalon.
Je la regarde.
Une heure plus tôt, sur la table de la cuisine, il y avait une casserole de pâtes, trois boîtes de camembert, deux baguettes, un pot de cornichons, un boîte de petits pois, un pot de nutella, des raviolis.
Une heure plus tôt, j'avais ouvert la porte et l'avais vue manger. De dos. Sa tête s'agitait dans une danse. Il n'y avait que le bruit de sa mastication sur le fil du silence.
Elle ne m'avait pas entendue, j'ai fait semblant aussi.
Je la regarde de haut en bas. Je cherche maintenant sur son corps, où toute cette bouffe a pu se réfugier. Mais rien ne dépasse.
On ne sent même pas l'odeur aigrelette des régurgitations dans son haleine mentholée. Sa bouche est nette, la table aussi.
Il ne reste aucune trace de la fête solitaire.
A part peut-être dans ses orbites
où ses yeux figent
dans la bouillie bilieuse
du bol alimentaire
Aujourd'hui on voit aussi ses hanches : elle a mis un jean taille basse. Comme elle est très blanche, on a l'impression que l'os sous la peau est un couteau japonais en céramique, planté dans son pantalon.
Je la regarde.
Une heure plus tôt, sur la table de la cuisine, il y avait une casserole de pâtes, trois boîtes de camembert, deux baguettes, un pot de cornichons, un boîte de petits pois, un pot de nutella, des raviolis.
Une heure plus tôt, j'avais ouvert la porte et l'avais vue manger. De dos. Sa tête s'agitait dans une danse. Il n'y avait que le bruit de sa mastication sur le fil du silence.
Elle ne m'avait pas entendue, j'ai fait semblant aussi.
Je la regarde de haut en bas. Je cherche maintenant sur son corps, où toute cette bouffe a pu se réfugier. Mais rien ne dépasse.
On ne sent même pas l'odeur aigrelette des régurgitations dans son haleine mentholée. Sa bouche est nette, la table aussi.
Il ne reste aucune trace de la fête solitaire.
A part peut-être dans ses orbites
où ses yeux figent
dans la bouillie bilieuse
du bol alimentaire
publié initialement sur FPDV
mardi 22 février 2011
En haut du crâne il y a
je sens, sans même la voir, sa main encore me fendre
la douleur monte d'un coup, elle oppresse mon ventre
je ne sais pas pourquoi l'angoisse se décentre
peut-être que l'intestin est un bout de cervelle
il coupe du bout de l'ongle
ma calotte cranienne
il fouaille, il gratte, il plonge
il cherche un truc, mais quoi ?
il sifflotte, il touille, il sale
ça sent la vieille soupe
dès que j'ouvre la bouche
il cherche un truc
et moi
je dérouille
*
Bon, à un moment faut bien prendre le taureau par les cornes.
Je cherche, pages jaunes, médecins, psychiatres.
Le type, là haut sous mon crâne, proteste : "tu vas tout de même pas voir un psy ?!! fais du sport, feignasse, c'est bon pour les angoisses"
J'y réplique : "j'aime pas courir"
y m'dit : "eh ben branle toi, gicle d'un seul coup ton stress"
j'y réponds : "j'ai mal à mon poignet"
Bon. Je trouve. Téléphone, blabla, rendez-vous pris, à dans trois mois.
Dans le cabinet (trois mois après), je m'assois. Ca sent un peu l'aseptisé.
Je cause. Je crois que ça marche comme ça, donc, je cause. Il m'écoute pas.
Il fouille dans son tiroir. Il en sort une chignole.
Et voilà qu'il commence à me perforer le crâne.
Du jus coule, mouille mon col.
Ca pue la soupe (confer plus haut)
Je proteste un peu, pour la forme
après tout, il connaît son métier, non ?
Non ?
Je le regarde. Je commence à me méfier.
Je cherche sur les étagères derrière lui, chais pas, un diplôme, un Vidal illustré, une seringue, un stéthoscope... chais pas quoi, quelque chose qui prouve qu'il n'est pas juste plombier.
Ben y a rien.
Rien qu'une foutue casquette.
Signé Mylène Farmer, au feutre, sur la visière.
Ca fiche un coup.
Je pense :
Mais il a des goûts de chiottes !
Et pour ne pas pleurer, j'écarquille les yeux
sur ses cheveux rouges qui dansent au rythme de la manivelle.
Le type, là haut, ricane.
dimanche 20 février 2011
Microbe 64 en mars
Le 64ème numéro du Microbe est à l’impression.
Au sommaire :
Textes de Pascal Blondiau
Corentin Candi
Glenn W. Cooper
Jean-Marc Couvé
Éric Dejaeger
Jean-Marc Flahaut
Virginie Holaind
Pierre-Brice Lebrun
Louis Mathoux
Jean-Baptiste Pedini
Thierry Roquet
Salvatore Sanfilippo
Thomas Vinau
Illustrations de Jean-Marc Couvé
Les abonnés le recevront début mars. Les abonnés « + » recevront également LE SOURIRE DES AIRELLES ET DES NÉGRESSES VERTES, mi(ni)crobe 28 signé Pierre Tréfois. Les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez Eric Dejaeger
Au sommaire :
Textes de Pascal Blondiau
Corentin Candi
Glenn W. Cooper
Jean-Marc Couvé
Éric Dejaeger
Jean-Marc Flahaut
Virginie Holaind
Pierre-Brice Lebrun
Louis Mathoux
Jean-Baptiste Pedini
Thierry Roquet
Salvatore Sanfilippo
Thomas Vinau
Illustrations de Jean-Marc Couvé
Les abonnés le recevront début mars. Les abonnés « + » recevront également LE SOURIRE DES AIRELLES ET DES NÉGRESSES VERTES, mi(ni)crobe 28 signé Pierre Tréfois. Les autres ne recevront rien. Pour tous renseignements, contactez Eric Dejaeger
jeudi 17 février 2011
mercredi 16 février 2011
Celle qui manque - Cathy Garcia
Les poèmes de Cathy Garcia disent la langue éruptive.
Voilà il faut que le mots coulent.
Regarder le manque, creuset où la voix de la poètesse se déroule, éructe
Il y a une urgence, un impératif à briser le silence.
"J'ai grandi ligotée, baillonnée sous le joug maternel, avec cette injonction qui résonne toujours et encore "Ne réponds pas ! ".
Aussi qu'on veuille bien excuser cet irrépressible besoin d'avoir mon mot à dire."
A briser et à maîtriser aussi.
De la nécessité mais aussi du dérisoire d'écrire.
Car les mots ne peuvent et doivent dire ce que l'on est.
"Ecrire. Ecrire quoi ? Tourner, tourner la même soupe, une connerie christique s'imaginant offrir ses tripes. Manquer de pudeur ? Mais c'est bien pire que ça ! Montrer ses fesses sans culotte, certes c'est osé, mais les montrer sans peau ?"
C'est un cri, où peu à peu le "je" se pose/ pause.
Il faut une voie en soi et dans le monde.
"Ecrire n'est pas un but, seulement un chemin. Il faut trouver cette autre chose, essentielle. L'énergie vive."
Et un bel apaisement parcourt les dernières pages
"Par les veines de la terre, sa chair, ses vertèbres résonantes, je suis reliée.
Reliée vive."
Ce livre me parle, me parle... pour diverses raisons
Alors je vous en parle, moi aussi.
Pour l'acheter, c'est là
Celle qui parle, Cathy Garcia, Asphodèle, collection Minuscule, 7€
Voilà il faut que le mots coulent.
Regarder le manque, creuset où la voix de la poètesse se déroule, éructe
Il y a une urgence, un impératif à briser le silence.
"J'ai grandi ligotée, baillonnée sous le joug maternel, avec cette injonction qui résonne toujours et encore "Ne réponds pas ! ".
Aussi qu'on veuille bien excuser cet irrépressible besoin d'avoir mon mot à dire."
A briser et à maîtriser aussi.
De la nécessité mais aussi du dérisoire d'écrire.
Car les mots ne peuvent et doivent dire ce que l'on est.
"Ecrire. Ecrire quoi ? Tourner, tourner la même soupe, une connerie christique s'imaginant offrir ses tripes. Manquer de pudeur ? Mais c'est bien pire que ça ! Montrer ses fesses sans culotte, certes c'est osé, mais les montrer sans peau ?"
C'est un cri, où peu à peu le "je" se pose/ pause.
Il faut une voie en soi et dans le monde.
"Ecrire n'est pas un but, seulement un chemin. Il faut trouver cette autre chose, essentielle. L'énergie vive."
Et un bel apaisement parcourt les dernières pages
"Par les veines de la terre, sa chair, ses vertèbres résonantes, je suis reliée.
Reliée vive."
Ce livre me parle, me parle... pour diverses raisons
Alors je vous en parle, moi aussi.
Pour l'acheter, c'est là
Celle qui parle, Cathy Garcia, Asphodèle, collection Minuscule, 7€
Nouvelle revue "L'autobus"
Renseignez vous via le blog de Fabrice Marzuolo
Au sommaire du premier numéro, Eric Dejaeger, Morgan Riet, Thierry Roquet, Marlène Tissot
Et découvrez l'univers du poète Fabrice Marzuolo, dont le regard incisif est une bonne claque dans le ronron ambiant.
Il conduit aussi incidemment L'autobus ;)
lundi 14 février 2011
je ne t'offrirai pas de roses
pour toutes ces fois
où tu m'as cassé les couilles
avec tes tu m'aimes dis
tu m'aimes ?
avec tes cris d'hystérique
trop heureuse trop odieuse
avec tes lèvres rouges
de serpent charmant
qui baise mon oreille
je ne t'offrirai pas de roses
pour tous ces jours
où je t'aime moins
où tu ne m'aimes pas
où on s'aime peu
je ne t'offrirai pas de roses
je mettrai juste ma main
dans tes cheveux
jeudi 10 février 2011
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