jeudi 21 avril 2011
L'oiseau noir
devant toi l'oiseau noir
un corneille, un corbeau
t'es nul et tu t'embrouilles
c'est deux pattes, une queue
un bec dur crispé sur
un bout de chair qui pend,
qui danse au fil du vent
c'est la mort et pourtant
tu sens comme un frisson
l'oiseau t'observe
son oeil est une olive
ton poing se crispe fort
violet contre ta hanche
tu songes à ce noyau
craché qui t'a fait mal
tu plonges en l'animal
vois le coeur palpiter
tu entends à nouveau
le bruit sourd et la chute
à l'angle du muret
mardi 19 avril 2011
La ménagère cannibale de Béatrice Fontanel
Extraits
Dans le ghetto de Varsovie,
Marcel Reich-Ranicki raconte
qu'une mère devenue folle de faim
a tenté de dévorer un morceau
de la fesse de son fils mort
Son fils de douze ans.
Si Dieu existe,
qu'il lui demande pardon.
*
Un souvenir à conserver
comme une relique.
La mère qui avait mangé
un morceau de son fils mort,
son fils de douze ans.
Elle se tient si près de moi
que je peux à peine marcher.
Présence sculptée dans un haut-le-corps...
Ses lèvres ont su aussi donner des baisers
Elle est d'ailleurs à côté de chaque femme, roide.
Un jour, une autre mère en deuil
a dit de ses petites filles disparues
qu'elle avait "faim d'elles"
ce fut l'aveu le plus intime,
le plus total, le dernier aveu.
*
Voilà ce que je palpe dans le noir
avec terreur et tendresse.
Ce que je cherche à reconnaître :
la dévoration et la perte,
dans le même instant.
Ce que l'on donne, ce que l'on prend.
Et ce que l'on perd
Béatrice Fontanel, La ménagère cannibale, Seuil, 2003
Béatrice Fontanel, poète, auteur, iconographe
d’une quarantaine d’ouvrages : fictions,
documentaires et recueils de poésie
pour les adultes et la jeunesse.
jeudi 14 avril 2011
Le petit monstre assis sur l'épaule
tu as dit ça à l'apéro au milieu des filles
j'étais derrière une blonde, une grande
qui me noyait les yeux de sa chevelure
je sirotais un verre d'eau, elles buvaient tes paroles
on riait toutes
tu avais plaqué une mèche vers l'arrière
ça faisait des années que tu ne l'avais pas fait
on me prend comme je suis ou on ne me prend pas
mais le siècle mourait ce soir c'était la fête
du gel dans tes cheveux, à moi l'eau pétillante
pour tous les cotillons
Il faisait chaud sous la lumière, ta peau brillait
comme un athlète huilé, sublime dans l'arène
cette nuit, je le savais, tu brandirais le poing
si les bouches salivaient, pour une seule la faim
je contractais mon ventre
derrière la filiforme
pour rien
un courant électrique a brisé tes mâchoires
dans le pavillon moite, on beuglait et gerbait
10... 9... 8...
tu devenais inaudible
ton oeil claquait sur moi
7... 6... 5...
là, ça y est, je sentais
sous le pli, je voyais
3... 2... 1...
un chien gras et galeux, qui jappait lymphatique sur mon épaule ronde
et ce singe aux yeux fous, qui balançait hargneux dans le creux de ton cou
mercredi 13 avril 2011
La chèvre
Elle avait été une petite fille boulotte, assez insipide.
Une adolescente boutonneuse, et suante.
Avant de devenir une femme plutôt jolie, au regard vague.
Au fond, elle aurait pu passer à travers maille, se fondre dans la masse, si elle n'avait pas eu ce rire, impossible à polir.
Il surgissait de loin, du fond de sa poitrine, partait dans des hoquets, ricochait sur le sol.
Elle ne pouvait raser les murs, railler comme une autre. Elle était projetée, par son rire, dans la fosse.
On l'appelait La chèvre.
C'était parfois gentil, le plus souvent moqueur.
Les filles gloussaient en douce, ou se mordaient les joues ; les garçons, bien plus fins, se mettaient à bêler quand elle passait près d'eux.
Ses plus vieux souvenirs grinçaient comme des casseroles, lourdement sur le sol.
Le plus comique, c'est que rien n'était vraiment drôle. Ni sa vie, ni ses amis, encore moins ses parents. Mais elle riait quand même, n'était-elle pas bête ?
D'ailleurs elle s'amourache d'un garçon musculeux, qui fait de la moto, qui boit de la bière, qui traîne tout le jour avec ses potes.
Il lui parle comme un chien, gueule pour un rien, et sent très fort le bouc.
Hein, qu'elle a de l'humour ?
Ça file la métaphore.
Ça rape la gorge, ça coule.
C'est une peau de chagrin.
Une adolescente boutonneuse, et suante.
Avant de devenir une femme plutôt jolie, au regard vague.
Au fond, elle aurait pu passer à travers maille, se fondre dans la masse, si elle n'avait pas eu ce rire, impossible à polir.
Il surgissait de loin, du fond de sa poitrine, partait dans des hoquets, ricochait sur le sol.
Elle ne pouvait raser les murs, railler comme une autre. Elle était projetée, par son rire, dans la fosse.
On l'appelait La chèvre.
C'était parfois gentil, le plus souvent moqueur.
Les filles gloussaient en douce, ou se mordaient les joues ; les garçons, bien plus fins, se mettaient à bêler quand elle passait près d'eux.
Ses plus vieux souvenirs grinçaient comme des casseroles, lourdement sur le sol.
Le plus comique, c'est que rien n'était vraiment drôle. Ni sa vie, ni ses amis, encore moins ses parents. Mais elle riait quand même, n'était-elle pas bête ?
D'ailleurs elle s'amourache d'un garçon musculeux, qui fait de la moto, qui boit de la bière, qui traîne tout le jour avec ses potes.
Il lui parle comme un chien, gueule pour un rien, et sent très fort le bouc.
Hein, qu'elle a de l'humour ?
Ça file la métaphore.
Ça rape la gorge, ça coule.
C'est une peau de chagrin.
lundi 11 avril 2011
dimanche 10 avril 2011
Charogne 2
Au sommaire de ce second opus :
Jacques Ancet
Bénédicte Balza
Julien Blaine
Antoine Brea
Christophe Esnault
Lauranne
Patrice Maltaverne
Charles Pennequin
Pascal Pratz
Guillaume Siaudeau
Marlène Tissot
Gaston Vieujeux
Thomas Vinau
Vincent
Illustrations : Magali Planès
Ceux qui sont abonnés le recevront très prochainement.
Pour les autres, vous pouvez envoyer un chèque de 6 euros à l'ordre d'Asphodèle éditions :
Asphodèle éditions
23 rue de la Matrasserie44340 Bouguenais
et plus d'images pour l'eau à la bouche là
(étrange image pour la Charogne ;)
lundi 4 avril 2011
Pense bête
- Penser à arroser le cerveau qui déssèche sur le bord de la fenêtre
- Ne pas oublier de détricoter les peurs qui pendent entre mes jambes
- Récupérer dans la bouche de l'homme de quoi nourrir le coeur exsangue
- Embrasser les enfants des veinules jusqu'au bout des sourcils
- Chercher mon reflet inversé dans le miroir
- Respirer un peu pour vivre
- Ne pas oublier de détricoter les peurs qui pendent entre mes jambes
- Récupérer dans la bouche de l'homme de quoi nourrir le coeur exsangue
- Embrasser les enfants des veinules jusqu'au bout des sourcils
- Chercher mon reflet inversé dans le miroir
- Respirer un peu pour vivre
dimanche 3 avril 2011
L'autobus 2 arrive
L’Autobus 2 est en route pour l’Est de la France…Avec celui qui indique l’Est clairement :
Gilles Ortlieb
Un qui s’éloigne de Metz en « Samson » et Traction Brabant.
Patrice Maltaverne
Puis, il y a ceux qui perdent l’Est - mais pas le Nord, dans l’ordre d’apparition :
Alexandra Bougé
Cathy Garcia
Muriele Modely
Sans oublier , celle qui lâche du lest :
Jany Pineau
En prime, un encart couleur de quelques détails de la fresque des quatre mines (Algrange) – il en est question dans le texte de Gilles Ortlieb.
Pour les abonnés par de problème, bientôt dans la boîte. Pour les autres, renseignements sur le blog de Fabrice Marzuolo ou par mail :
fabrice.marzuolo@wanadoo.fr
****
Petits extraits pour l'eau à la bouche :
"il m'interdit de me donner du plaisir seul de me construire d'être bien il me fout violemment dans des schémas de femme"
extrait de Macho d'Alexandra Bougé
"Un éclat éphémère, une perle, une larme... La route défile."
extrait de De retour de Glasgow de Cathy Garcia
vendredi 1 avril 2011
Le temps en suspens de Marlène Tissot - Vases communicants
Voilà un poisson irisé de Marlène Tissot dans l'oeil, à l'occasion des vases communicants du mois d'avril (les autres échanges sont là), mes mots à moi sur son Nuage
Le temps en suspens
C’est jeudi soir, c’est la marée humaine sur le parking du centre commercial, c’est le soleil qui tombe derrière la montagne, les lampions orange qui s’éclairent, la ville qui enfile sa robe à paillettes, c’est ce type assis dans sa vieille bagnole, avec du chagrin plein les yeux, et puis son regard qui trébuche sur le tien, le contact qui se prolonge à travers le pare brise, c’est le silence qui raconte des histoires, le temps en suspens, la réalité diluée dans de la poussière de fée, c’est ton sourire qui sèche ses larmes, c’est une portière qui s’ouvre sur des mots simples et vrais, c’est une rencontre, c’est jeudi soir, la marée humaine sur le parking du centre commercial, c’est la nuit qui vous prend sous son aile, c’est le début de quelque chose peut-être, c’est la vie.
Le temps en suspens
C’est jeudi soir, c’est la marée humaine sur le parking du centre commercial, c’est le soleil qui tombe derrière la montagne, les lampions orange qui s’éclairent, la ville qui enfile sa robe à paillettes, c’est ce type assis dans sa vieille bagnole, avec du chagrin plein les yeux, et puis son regard qui trébuche sur le tien, le contact qui se prolonge à travers le pare brise, c’est le silence qui raconte des histoires, le temps en suspens, la réalité diluée dans de la poussière de fée, c’est ton sourire qui sèche ses larmes, c’est une portière qui s’ouvre sur des mots simples et vrais, c’est une rencontre, c’est jeudi soir, la marée humaine sur le parking du centre commercial, c’est la nuit qui vous prend sous son aile, c’est le début de quelque chose peut-être, c’est la vie.
mercredi 30 mars 2011
dimanche 27 mars 2011
Aussi loin qu'elle s'en souvienne
Aussi loin qu'elle s'en souvienne, elle a toujours, à table avec lui, légèrement décalé sa chaise. Pas beaucoup, non. La distance suffisante pour une respiration.
Il pose ses mains larges, ses coudes, parfois les bras entiers sur la table branlante. Elle le regarde, un peu en retrait, les mains croisées sous sa poitrine. Sur son ventre devenu, avec l'âge, un support stable.
Et depuis pas longtemps, elle fait ce même geste, lorsqu'ils parlent.
C'est venu comme ça, sans qu'elle s'en rende compte, elle décale. Il parle, elle laisse quelques secondes tomber, puis ouvre la bouche.
Juste quelques secondes, que les yeux posés sur elle se détournent, que la bouche légèrement tordue se décrispe. Un laps de temps infime, pendant lequel les postillons choient sur le formica.
Il tourne la tête ou s'abîme ailleurs. Dans le verre de vin rouge. Dans le pain calé sous son aisselle, qu'il rompt d'un geste sec.
Elle ne sait pas très bien pourquoi, ni comment, ces minuscules et irréversibles éloignements se sont installés. Elle dévisage l'homme dégarni aux yeux fiévreux, assis à table sous l'horloge massive de la cuisine mal éclairée, mettre une cuillère, puis une autre, dans sa bouche.
Elle l'absorbe, l'observe, ne le reconnaît pas, l'oublie même parfois, là, le midi, le soir, vaguement absente de table et de voix.
Il pose ses mains larges, ses coudes, parfois les bras entiers sur la table branlante. Elle le regarde, un peu en retrait, les mains croisées sous sa poitrine. Sur son ventre devenu, avec l'âge, un support stable.
Et depuis pas longtemps, elle fait ce même geste, lorsqu'ils parlent.
C'est venu comme ça, sans qu'elle s'en rende compte, elle décale. Il parle, elle laisse quelques secondes tomber, puis ouvre la bouche.
Juste quelques secondes, que les yeux posés sur elle se détournent, que la bouche légèrement tordue se décrispe. Un laps de temps infime, pendant lequel les postillons choient sur le formica.
Il tourne la tête ou s'abîme ailleurs. Dans le verre de vin rouge. Dans le pain calé sous son aisselle, qu'il rompt d'un geste sec.
Elle ne sait pas très bien pourquoi, ni comment, ces minuscules et irréversibles éloignements se sont installés. Elle dévisage l'homme dégarni aux yeux fiévreux, assis à table sous l'horloge massive de la cuisine mal éclairée, mettre une cuillère, puis une autre, dans sa bouche.
Elle l'absorbe, l'observe, ne le reconnaît pas, l'oublie même parfois, là, le midi, le soir, vaguement absente de table et de voix.
mardi 22 mars 2011
lundi 21 mars 2011
D'abord j'ai écrit pour moi
d'abord
j'ai écrit pour moi
puis pour lui
puis pour je ne sais qui
ou pour je ne sais quoi
hésitant plume au vent
entre vomir ou être vomi
*
Ensuite j'ai fait lire
d'abord par lui
puis par d'autres
par des gens
toujours la plume
toujours du vent
toujours la matière
*
et le poète
(à l'époque j'appelais poète
toute personne s'exprimant par
énnéasyllabes, usant aussi
des hyperbates, pour faire genre)
qui avait mon petit quatrain lu
écrit à l'encre bleue de ma main
avait craché
"c'est une sombre merde d'une
sombre merde"
(où j'apprends que parfois le poète
use et abuse de la condu-
plication)
*
bref il n'avait pas aimé
trouvait ça trop sensuel
pas assez rationnel
lui ce qu'il lisait
c'était du cérébral
du ciselé mental
N'importe qui, fillette
peut planter
son stylo dans son bide
tirer un bout de tripes
et cracher sa bile
*
toujours ce truc
vomir ou être vomi
j'ai écrit pour moi
puis pour lui
puis pour je ne sais qui
ou pour je ne sais quoi
hésitant plume au vent
entre vomir ou être vomi
*
Ensuite j'ai fait lire
d'abord par lui
puis par d'autres
par des gens
toujours la plume
toujours du vent
toujours la matière
*
et le poète
(à l'époque j'appelais poète
toute personne s'exprimant par
énnéasyllabes, usant aussi
des hyperbates, pour faire genre)
qui avait mon petit quatrain lu
écrit à l'encre bleue de ma main
avait craché
"c'est une sombre merde d'une
sombre merde"
(où j'apprends que parfois le poète
use et abuse de la condu-
plication)
*
bref il n'avait pas aimé
trouvait ça trop sensuel
pas assez rationnel
lui ce qu'il lisait
c'était du cérébral
du ciselé mental
N'importe qui, fillette
peut planter
son stylo dans son bide
tirer un bout de tripes
et cracher sa bile
*
toujours ce truc
vomir ou être vomi
dimanche 20 mars 2011
Nouveaux délits n°39
AU SOMMAIRE
Pris(es) en flagrant Délit de poésie :
Marlène Tissot, Didier Pesnel, Linda Caro et Patrice Maltaverne
Délit d’abandon de chaussure au milieu de la route : Stéphane Beau
Délits d’(in)citations printanières et en Résonances, 1 livre, 1 chanteuse et 1 recueil.
Vous trouverez le bulletin de complicité fidèle à son poste.
plus d'info par ici
jeudi 17 mars 2011
FPDV - Les salopes
Une petite participation sur FPDV - Formule polyvalente à dilution variable
(thématique de mars : les salopes)
FPDV
(thématique de mars : les salopes)
lundi 14 mars 2011
jeudi 10 mars 2011
mardi 8 mars 2011
Brève de comptoir
Ce matin dans le centre commercial
y avait un renard et un sanglier qui
ratissaient les allées la faim au ventre
j'te jure
pôv débile, il n'y a pas de bêtes
qui fassent ses emplettes au supermarché
ok, soyons précis
Ce matin dans le centre commercial
un sanglier (il était seul) cherchait
crânement à bouffer du jambon
(coup de poing)
sombre crétin où crois-tu qu'on vit?
les bêtes de la ville brident leurs instincts
(langue enflée)
che t'achure y avait un changlier couvert de gras
qui chlalomait che matin dans le chentre commerchial
entre des groches mémés en tranche
*
A la une de La Rincée Parisienne ce matin
"VIOLENTE ATTAQUE DANS LE CENTRE COMMERCIAL DE LA FOUNETTE
Un mystérieux animal aurait dévasté ce matin, à l'ouverture du centre commercial de la Founette, les allées du supermarché Lefour. L'attaque n'aurait duré qu'une trentaine de minutes mais aurait occasionné des pertes phénoménales à l'enseigne parisienne déjà menacé par un plan social. Selon Monsieur Jipègue, le directeur de l'établissement, les pertes en denrées périssables s'élèveraient selon ses premières estimations à plus d'un million d'euros, ce qui aurait malheureusement pour effet de revoir à la hausse le prévisionnel des licenciements.
Monsieur Jipègue déclare : "Je tiens à rassurer les consommateurs, une commande exceptionnelle permettra de réapprovisionner dès cet après-midi les rayons de l'établissement. Pour les clients présents ce matin, contusionnés ou blessés par cette attaque indépendante de notre volonté, un bon de réduction de dix euros sur leurs prochaines courses leur sera remis à l'accueil sur présentation d'une attestation médicale."
On ne dénombre pas moins de cinq fractures de la hanche, et plus d'une centaine de blessures à la région glutéale, consécutives aux chutes provoquées par les matières liquides ou grasses répandues par l'animal en furie.
Notre journaliste, dépêché sur place, a pu recueillir un certain nombre de témoignages de clients encore étendus sur le sol en attente des secours.
Selon Mme X, il s'agirait d'un sanglier. Elle a en effet parfaitement reconnu le pelage rêche caractéristique de l'animal, malgré les nombreuses matières (céréales, miel, huile, PQ etc.) le recouvrant totalement.
Selon Mr Y, il s'agirait plus vraisemblablement d'un forcené échappé de l'établissement psychiatrique, situé à quelques centaines de mètres.
Mr Y, également président de l'association des riverains, a trouvé la force de nous confier malgré ses blessures :
"Cela fait quelques mois que nous nous mobilisons pour l'éloignement de cet hopital en rase campagne. L'obstination et la résistance de quelques parents de malades aboutissent aujourd'hui à ce drame prévisible, puisque je vous rappelle que l'hopital n'est pas cloturé et qu'il donne directement sur l'entrée nord, là même où le fou furieux est entré."
Selon les déclarations d'un vétérinaire à la retraite, également présent ce matin dans le magasin, il lui semble par ailleurs impossible qu'un sanglier ait pu parcourir les deux cent kilomètres séparant le bois le plus proche du bâtiment, traverser l'autoroute, le périphérique, les routes, éviter les voitures très nombreuses sur le parking ce matin vers 10 heures, ne pas être asphyxié par la concentration très élevée de CO2 à 80 cm du sol (sa taille approximative selon les témoins NDLR)
Un ministre interrogé ce matin sur France Inter, évoque la mise en place d'une commission de réflexion sur un dispositif législatif permettant l'éloignement de toute bête (sanglier, forcené, en bref tout être vivant non domestiqué ) des centres de production économique.
L'enquête suit son court."
y avait un renard et un sanglier qui
ratissaient les allées la faim au ventre
j'te jure
pôv débile, il n'y a pas de bêtes
qui fassent ses emplettes au supermarché
ok, soyons précis
Ce matin dans le centre commercial
un sanglier (il était seul) cherchait
crânement à bouffer du jambon
(coup de poing)
sombre crétin où crois-tu qu'on vit?
les bêtes de la ville brident leurs instincts
(langue enflée)
che t'achure y avait un changlier couvert de gras
qui chlalomait che matin dans le chentre commerchial
entre des groches mémés en tranche
*
A la une de La Rincée Parisienne ce matin
"VIOLENTE ATTAQUE DANS LE CENTRE COMMERCIAL DE LA FOUNETTE
Un mystérieux animal aurait dévasté ce matin, à l'ouverture du centre commercial de la Founette, les allées du supermarché Lefour. L'attaque n'aurait duré qu'une trentaine de minutes mais aurait occasionné des pertes phénoménales à l'enseigne parisienne déjà menacé par un plan social. Selon Monsieur Jipègue, le directeur de l'établissement, les pertes en denrées périssables s'élèveraient selon ses premières estimations à plus d'un million d'euros, ce qui aurait malheureusement pour effet de revoir à la hausse le prévisionnel des licenciements.
Monsieur Jipègue déclare : "Je tiens à rassurer les consommateurs, une commande exceptionnelle permettra de réapprovisionner dès cet après-midi les rayons de l'établissement. Pour les clients présents ce matin, contusionnés ou blessés par cette attaque indépendante de notre volonté, un bon de réduction de dix euros sur leurs prochaines courses leur sera remis à l'accueil sur présentation d'une attestation médicale."
On ne dénombre pas moins de cinq fractures de la hanche, et plus d'une centaine de blessures à la région glutéale, consécutives aux chutes provoquées par les matières liquides ou grasses répandues par l'animal en furie.
Notre journaliste, dépêché sur place, a pu recueillir un certain nombre de témoignages de clients encore étendus sur le sol en attente des secours.
Selon Mme X, il s'agirait d'un sanglier. Elle a en effet parfaitement reconnu le pelage rêche caractéristique de l'animal, malgré les nombreuses matières (céréales, miel, huile, PQ etc.) le recouvrant totalement.
Selon Mr Y, il s'agirait plus vraisemblablement d'un forcené échappé de l'établissement psychiatrique, situé à quelques centaines de mètres.
Mr Y, également président de l'association des riverains, a trouvé la force de nous confier malgré ses blessures :
"Cela fait quelques mois que nous nous mobilisons pour l'éloignement de cet hopital en rase campagne. L'obstination et la résistance de quelques parents de malades aboutissent aujourd'hui à ce drame prévisible, puisque je vous rappelle que l'hopital n'est pas cloturé et qu'il donne directement sur l'entrée nord, là même où le fou furieux est entré."
Selon les déclarations d'un vétérinaire à la retraite, également présent ce matin dans le magasin, il lui semble par ailleurs impossible qu'un sanglier ait pu parcourir les deux cent kilomètres séparant le bois le plus proche du bâtiment, traverser l'autoroute, le périphérique, les routes, éviter les voitures très nombreuses sur le parking ce matin vers 10 heures, ne pas être asphyxié par la concentration très élevée de CO2 à 80 cm du sol (sa taille approximative selon les témoins NDLR)
Un ministre interrogé ce matin sur France Inter, évoque la mise en place d'une commission de réflexion sur un dispositif législatif permettant l'éloignement de toute bête (sanglier, forcené, en bref tout être vivant non domestiqué ) des centres de production économique.
L'enquête suit son court."
lundi 7 mars 2011
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